Les « lambar-lambar » (la vadrouille) voilà le terme utilisé pour qualifier ces visites de terrain « en à plus finir » effectuées par les autorités de l’Etat à chaque fois qu’il est question d’inondations ou de chantiers à Touba. Les sinistrés, au premier rang desquels ceux de Keur Niang, ne veulent plus en voir. Ce dimanche, lors de leur tournée à travers les artères de la cité, les ministres Omar Guèye de l’Assainissement, Mor Ngom des Infrastructures routières et Augustin Tine des Forces Armées ont dû s’en rendre compte, surtout à Keur Niang. C’est de peu que la délégation a été échappée à des jets de pierres. Ce lundi, ces mêmes populations sont encore montées au créneau pour exiger l’arrêt immédiat des tournées qui ne font que ralentir leurs opérations personnelles d’évacuation des eaux pluviales. Sokhna Fatma Diaw, porte-parole des mères de famille de Touba-Mosquée de marteler que « la venue des ministres à Keur Niang a freiné, au moins pour 45 minutes, nos activités car il nous fallait évacuer toute l’eau ou en tout cas une bonne partie, avant la tombée de la nuit pour espérer avoir où dormir. Ils n’ont qu’à remercier Dieu si les jeunes ne leur jettent pas de pierres ». « Et puis, en l’espace d’un petit laps de temps, ils sont venus faire le tour de la ville à 4 reprises. Celui qui est venu là (Omar Guèye), n’est-ce pas qu’il était là avant l’hivernage ? Alors, pourquoi n’a-t-il pas pris des dispositions pour nous éviter ces malheurs ? Nous voulons leur tenir un discours clair : nous n’accepterons plus leurs lambar-lambar ici ». En effet, Omar Guèye, le ministre de l’Assainissement est déjà venu à Touba le 24 juin pour visiter les chantiers. Ce jour-là, l’homme de Sangalkam était venu annoncer que les chantiers de Touba seront audités, déplorant le défaut d’existence d’un réseau d’assainissement efficace. Un mois plus tard, c’est-à-dire le 13 août, il est revenu pour s’enquérir de l’état des premières inondations qu’il traitera de simples eaux stagnantes. Enfin, dimanche dernier c’était sa dernière visite et il était venu déclencher le plan Orsec sur l’ordre du Premier ministre Abdoul Mbaye. Pour ce qui est de son collègue Mor Ngom, il en était dimanche à sa deuxième descente dans la cité religieuse, après avoir été dans les lieux le 24 juillet 2012. D’ailleurs, il s’était plaint du fait que les chantiers de Touba n’avaient connu aucun coup de pioche depuis 3 ans. Ce sentiment que les délégations étatique ne font que des constats et qu’elles n’apportent jamais encore de solutions, est partagé, à bien des égards, par plusieurs habitants de Touba. Pour eux, il y a trop d’attentisme dans ce qu’elles voient, depuis que l’alternance a été alternée. Ainsi, demandent-elles à ce que les motopompes ne soient pas uniquement destinées aux zones habitées par les gros bonnets. Mbacké aussi, a tiré la sonnette d’alarme. Mamadou Diop, du conseil de la jeunesse, au cours d’un point de presse, a demandé que le même traitement appliqué à Touba soit aussi de mise pour la commune, généralement, oubliée.
Mama Moustapha MBAYE (Correspondance) - Loffice
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