Colère des jakartamen- Saint-Louis : les jakartamen bloquent le pont Faidherbe


La grogne sociale des conducteurs de motos-taxis a atteint le nord du pays. Ce mercredi matin, le pont Faidherbe, symbole historique et artère stratégique de Saint-Louis, s’est mué en épicentre d’une mobilisation spectaculaire. Selon L’Observateur, plusieurs dizaines de conducteurs de motos Jakarta ont organisé un blocage ciblé de ses accès, paralysant la circulation entre l’île et le continent et plongeant le centre-ville ainsi que le marché de Sor dans un net ralentissement.
 
Par vagues successives de motos, les jakartamen ont occupé les points névralgiques du pont, coupant temporairement la liaison vitale qui structure la mobilité urbaine de l’ancienne capitale du Nord. Cette action, à forte portée symbolique, s’inscrit dans la continuité des mouvements de protestation observés récemment à Kaolack, Ziguinchor et Sédhiou, où la colère de la corporation s’était déjà exprimée avec vigueur.
 
Selon L’Observateur, cette mobilisation trouve son origine dans une accumulation de difficultés économiques et administratives qui, selon les conducteurs, étouffent leur activité. En tête de leurs revendications figurent les tracasseries policières qu’ils disent subir quotidiennement. Les jakartamen dénoncent des contrôles jugés abusifs, des interpellations systématiques et des immobilisations fréquentes de leurs motos pour des infractions qu’ils estiment souvent infondées.
 
« Ils nous imposent 7 000 FCfa à chaque contrôle, sans réelle base légale. C’est du harcèlement qui nous empêche de travailler », s’indigne Ibrahima Mbengue, porte-parole du mouvement, cité par L’Observateur. À ces griefs s’ajoute une pression fiscale municipale qualifiée d’écrasante, avec des taxes annuelles pouvant atteindre 24 000 FCfa, un montant jugé disproportionné au regard de la précarité du métier.
 
Autre point de crispation : les lourdeurs administratives liées à la régularisation des deux-roues. Les conducteurs fustigent des procédures longues et coûteuses, ainsi que des retards importants dans la délivrance des cartes grises. « Nos dossiers dorment dans les services, et ce retard sert ensuite de prétexte aux policiers pour nous verbaliser », déplore encore Ibrahima Mbengue.
 
Pour ces jeunes conducteurs, dont la moto-taxi constitue souvent l’unique source de revenus, le blocage du pont Faidherbe se veut un signal fort adressé aux autorités. Ils exigent un apaisement immédiat des contrôles, une révision à la baisse des taxes municipales et une accélération transparente des procédures d’immatriculation. À travers cette action, ils entendent rappeler que leur activité est essentielle à la mobilité urbaine, mais qu’elle demeure menacée par un système qu’ils jugent à la fois abusif et inadapté à leur réalité socio-économique.
 
Lancée le 6 janvier 2026, la campagne nationale d’immatriculation vise à régulariser gratuitement plus de 367 000 deux-roues sur une période de trois mois, avec une échéance fixée au 13 mars. Un délai que les jakartamen estiment trop court. Selon L’Observateur, leur colère avait déjà éclaté dès la première semaine du lancement de cette opération à Kaolack et Ziguinchor, avant de s’exprimer à Sédhiou le 12 janvier, où ils dénonçaient des contrôles intensifs et des exigences administratives jugées disproportionnées. Une contestation désormais contagieuse, qui s’est étendue jusqu’à Saint-Louis.
Jeudi 29 Janvier 2026
Dakaractu