Le député Tafsir Thioye a interpellé ce matin la présidence de l’Assemblée nationale sur ce qu’il qualifie de violation flagrante de l’article 82 du Règlement intérieur, lors de l’examen de la proposition de loi n°11/2026 modifiant le code électoral issu de la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021.
Selon cet article, la discussion d’urgence sur un texte soumis aux délibérations de l’Assemblée peut être demandée soit par un dixième au moins des députés, soit par le Président de la République. Si la demande émane du chef de l’État, l’urgence est automatiquement acquise. En revanche, lorsqu’elle est formulée par des parlementaires, elle doit être soumise immédiatement au vote, à main levée ou par voie électronique et rejetée si deux avis contraires se sont exprimés, l’affaire devant alors suivre la procédure ordinaire. En cas d’urgence déclarée, l’Assemblée fixe sans délai la date de la réunion de la commission compétente et celle de la séance plénière.
Or, a martelé Tafsir Thioye, cette procédure n’a pas été respectée dans le cadre de l’examen de ce texte portant modification du code électoral. Sur cette base, il a réclamé la suspension des travaux pour la journée, voire l’annulation pure et simple de la séance, rappelant au président de séance ses responsabilités en tant que garant du Règlement intérieur. « Vous êtes garant du respect des procédures », a-t-il lancé, soulignant que les membres de la commission ne pouvaient légitimement siéger dans ces conditions.