Chronique d’AKD : « L’opposition doit se méfier de l’autre position » ( Par ALY KHOUDIA DIAW )


Ainsi donc, le Sénégal se retrouve avec environ un peu moins de 100 candidats à l’élection présidentielle de 2024. Il fallait s’y attendre, dans un pays gangrené par la corruption, les futilités et le farfelu, et où aucun comportement, du matin au soir n’est basé sur la rationalité critique et la priorisation des actions collectives vers l’intérêt général. Dans un pays ou la méritocratie n’a aucun sens, ce qui reste c’est le larbinisme à tous les niveaux. Dans l’administration, dans les écoles, dans les entreprises, dans les partis politiques, c’est le même scénario. Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous. A partir de ce moment, le terrain politique devient un milieu favorable à la promotion TGV de personne que rien, ni dans la lignée, ni dans le travail, ni dans les compétences, ni dans le cursus, ne justifie. C’est que simplement, c’est un politicien, proche du pouvoir ou ayant fréquenté le pouvoir et qu’il a profité de sa position pour s’enrichir, avec parfois l’aide et l’appui du système.
C’est justement cet état de fait que la jeune génération d’homme politique que nous avons aujourd’hui, tente de changer. A défaut que le parrainage et la caution ne puissent tout changer, il nous appartient, nous électeurs, d’être vigilant et très prudent par rapport à cette masse critique de candidature. Ma conviction est que les fortunes et les positions sont diverses, mais on peut catégoriser en ne se basant que sur l’histoire récente et l’évolution du paysage politique à partir des dernières élections. Ma conviction est qu’il y’a le pouvoir en place et ses satellites (les rebelles qui se sont désolidarisés du dictat présidentiel), l’opposition représentative incarnée par yéwi askan Wi et F24 et enfin tous les autres regroupés dans ce que j’appelle « l’autre position ». C’est cette dernière dont il faut se méfier et je vous dirais pourquoi. Je ne parle pas aussi uniquement de ceux qui ont déposé leur candidature, mais d’hommes et de femmes dont je pense que le Sénégal a besoin de leur profil et de leur engagement. Qu’ils soient retenus ou exclus de la présidentielle. Et pour moi, ça tourne autour de 10 candidats et leur appareils politiques. J’ai aussi choisi librement de ne pas parler des candidats du parti au pouvoir et de leurs dissidents ainsi que du PDS.
1 : Khalifa Sall, Malik Gackou, Boubacar Camara, Cheikh Bamba Dieye, Déthié fall : Il y’a des candidats honnêtes, sérieux, matures et qui ont y à pratiquer l’état et l’administration et qui peuvent servir le pays en accompagnant la transition. J’en connais que 4, il s’agit de Khalifa Sall, de Malik Gackou, de Boubacar Camara et de cheikh Bamba Dieye. Khalifa dont c’est la DER à cause de son âge (sauf si une fois au pouvoir il décide de lever le verrou des deux mandats, on ne sait jamais avec les africains), Malik Gackou pour son éducation, son sérieux, son calme et sa sérénité, son caractère raffiné, des caractéristiques qu’il partage d’ailleurs avec Khalifa Sall, et Boubacar Camara dont on dit beaucoup de bien et que j’ai connu dans le cadre du travail lorsqu’il était SG je pense du ministère de Karim Wade. Cheikh Bamba Dieye qu’on ne présente plus et dont l’humilité, la clairvoyance, la sérénité et l’engagement patriotique ne sont plus à démontrer. Il y’au aussi l’excellent Déthié fall sur qui le Sénégal nourrit de grande ambitions, tant par sa compétence, son engagement et sa fidélité aux valeurs intrinsèques de la république. Ces acteurs rassurent par leur maturité et leur humanisme. Ce sont des personnages corrects, bien éduqués et mesurés dans le langage. A part Khalifa, ils ne sont pas si â gés et sont donc aptes à diriger le Sénégal en collaboration avec leurs jeunes frères, les avenirs du Sénégal. Eux aussi en font partie.
2 : « les avenirs du Sénégal » : Ce sont Ousmane sonko, Bougane gueye Dany, Alioune sarr, Thierno Alassane Sall, Abdourakhmane Diouf, Thierno Bocoum, le juge Hamidou Dème, Dr cheikh Tidiane Dieye. Je les appelle ainsi à cause de leur honnêteté intellectuelle, de leur engagement, patriotisme, de leur courage et de leur témérité, mais aussi de leur valeurs morales et intrinsèques. Ceux-là sont prédisposés à prendre la relève. Voici ce que cela donne :
Ousmane sonko : Il est une valeur sûre, incarnée par l’histoire, à force de conviction et de ténacité, il tient tête à tout un système mobilisé pour lui barrer la route. Pour l’état, c’est peine perdue, il est devenu, au sens hégélien du terme, « un individu premier ». Il cristallise l’espoir et la passion des jeunes et s’il va aux élections ou désigne quel qu’un de son choix, rien ne lui résistera. Le pouvoir le sait et agit en conséquence contre sa candidature par des subterfuges qui ne mèneront à rien. Il y’a la main de Dieu sur Ousmane sonko, une sorte de dialectique politique qui fait qu’à chaque fois que le régime pose un acte, l’histoire lui oppose une contre –acte. (J’y reviendrais dans une autre chronique). Parmi les avenirs du Sénégal, il est en tête et son leadership n’est plus à démontrer.
Bougane gueye Dany : Il est une valeur sûre, honnête et engagé. Il a fait ses preuves dans le privé, il lui reste à prouver dans la gestion d’un pays. Bougane est un profil que je connais bien pour avoir démarrer avec lui, en fin 2015, le processus de ce qui aboutira aujourd’hui à « gueum sa bopp ». On a terminé ensemble la base théorique et idéologique du mouvement, ensuite les documents de planification, les professions de foi, l’esquisse des axes programmatiques, les coordonnateurs régionaux ou départementaux, le nombre de Pick Up à acheter pour les coordonnateurs, les tablettes et la dotation en carburant, presque en fin 2016. Et en 2017 il a commencé à consulter toutes les couches de la population et tout le processus a suivi. Ensemble avec le grand frère Boubacar seye et le professeur Rosner, on est allé rendre visite à Ahmed Aidara à Guédiawaye, puis on a fait la ville sainte de Touba, pour terminer à Kaolack précisément à Leona Niasséne. Arrivé 3éme lors des locales passées, il fait partie des avenirs du Sénégal. En terme de rédaction programmatique, je ne lui reproche qu’une chose et je le lui dirais à l’occasion. 
Alioune Sarr, ex AFP : Je ne le connais pas personnellement, mais son calme et sa sérénité ont retenu mon attention. Il a servi loyalement Moustapha Niasse, avec Gackou et Malik diop, mais comme on dit, les fossiles politiques ne lâchent jamais le pouvoir, même dans leur propre parti. C’est le pouvoir qui les lâche, forcément. Lui aussi fait partie de ceux que je vois comme faisant partie des avenirs du Sénégal. II trace sa voix, sans tambour ni trompette, sûr de lui, avec un programme sérieux et cohérent.
Thierno Alassane Sall, Abdourakhmane Diouf, Thierno Bocoum, Hamidou Dème, cheikh Tidiane Dieye : je ne les connais pas personnellement, mais j’ai eu à apprécier leur posture, à apprécier leur retenue, leur calme et leur sérénité, mais surtout d’avoir élaborer le meilleur programme lors des législatives passées. Ce sont des valeurs sures de la république du Sénégal, cette génération d’homme de rupture, de conviction et d’engagement, presque de la même génération et sur qui, le Sénégal peut compter. Etre président de la république, ce n’est pas une question d’argent, de nom, c’est une question de posture, d’engagement et d’abnégation, c’est d’aller au-delà du présent, c’est d’aller dans le sens de l’histoire. 
3 : « L’autre position » : Attention à cette catégorie d’acteur politique. Ce sont tous les autres qui sont là, que personne ne connait, qui n’ont aucun passé militant, aucune légitimité politique, qui ne peuvent justifier d’aucune méritocratie en terme de réalisation individuelle, qui profite de la situation pour se faire voir et entendre, de manière à monnayer leur position ultérieurement. Ce sont des satellites du pouvoir et du candidat de l’APR.
Il y’a les « pyramides de Maslow », des acteurs qui se réveillent un bon matin et qui prennent conscience de leur réussite et de leur « accomplissement de soi », et qui pourtant, n’ont aucun pouvoir de décision. Ils ont tout réussi dans la vie, ils ont beaucoup de pouvoir et de l’influence, mais n’ont aucune prise sur le déroulement de leur destinée. Ils s’engagent alors en politique, pour avoir d’autres défis et refuser que les autres ne prennent des décisions à leurs places ou qu’ils soient obligés de courir derrière des médiocres qui n’ont de mérite que d’appartenir à un parti politique. C’est cette révolte qui les pousse à s’engager. Se méfier aussi de cette catégorie d’acteur, au deuxième tour, ils soutiendront le candidat du pouvoir pour conserver leur place et position, comme tout oligarque.
Il y’a enfin les comédiens, les clowns, les épouvantails (khousmaniap en wolof), les illuminés, les 
Égocentriques, les prophétiques, les hurluberlus, les situationnistes et les occasionnalistes, les névrosés, etc. En général cette catégorie d’acteur se croit le nombril du monde et ne voit la réalité qu’après coup. Ce sont toutes ces personnalités politiques qui accumulent les 0,00% à chaque élection et qui trouveront toujours des prétextes pour justifier leur défaite. Se méfier de cette catégorie car ce qui les intéresse, c’est de se mettre au-devant de la scène, même en mal, pourvu simplement pour eux, d’avoir leurs 15 minutes de gloire.
ALY KHOUDIA DIAW
Mercredi 3 Janvier 2024
Dakaractu




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