Invité de l’émission « Ramadan Show » sur la 7TV ce mercredi, Cheikh Oumar Diagne a lâché une affirmation qui tranche avec les idées reçues : le Sénégal n’est pas, contrairement à ce que beaucoup pensent, une République à régime présidentiel. « Il y a un régime parlementaire », a-t-il tranché, invitant à relire la Constitution avant de parler de réforme institutionnelle.
Le régime sénégalais, tel qu’il est consacré par la Constitution de 2001 et maintenu dans ses grandes lignes par la révision de 2016, est un régime parlementaire dualiste rationalisé. Dualiste, parce qu’il repose sur la coexistence d’un chef de l’État et d’un chef du gouvernement, tous deux investis d’une autorité exécutive réelle. Rationalisé, parce que les mécanismes de mise en jeu de la responsabilité gouvernementale devant le Parlement y sont encadrés et balisés pour éviter l’instabilité chronique. En d’autres termes, le président de la République du Sénégal n’est pas le seul détenteur du pouvoir exécutif, il le partage, de droit, avec un Premier ministre responsable devant l’Assemblée nationale.
C’est justement cette architecture que Cheikh Oumar Diagne a tenu à remettre en lumière, au moment où le débat sur la réforme institutionnelle occupe de plus en plus l’espace public. Car les promesses formulées par Bassirou Diomaye Faye durant la campagne présidentielle de 2024 réduction des pouvoirs du chef de l’État, suppression du poste de Premier ministre, création d’un vice-président, procèdent d’un diagnostic qui présuppose un hyper présidentialisme que la lettre de la Constitution ne consacre pas formellement.