Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présidé à Dakar, l’ouverture d’une conférence internationale organisée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), consacrée aux crypto actifs et aux innovations numériques.
La rencontre, placée sous le thème « Crypto actifs et innovations numériques : opportunités et défis pour la stabilité monétaire et financière », a réuni des décideurs publics, des gouverneurs de banques centrales, des experts du secteur financier et des représentants du monde académique venus de plusieurs horizons.
Dans sa prise de parole au nom du Président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, Cheikh Diba a salué l’initiative du gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou en saluant la pertinence d’un tel cadre de réflexion collective face à des mutations qu’il a qualifiées de « profondes, rapides et irréversibles ». Selon le ministre, les crypto-actifs et les innovations numériques « s’imposent progressivement comme des composantes majeures du système financier international, redessinant les contours de la souveraineté monétaire et de l’intermédiation financière ».
En effet, Cheikh Diba a d’ailleurs insisté sur le potentiel considérable que représentent ces technologies pour les économies africaines, longtemps pénalisées par un accès insuffisant aux services financiers. Il a parallèlement estimé qu’elles offrent l’opportunité de « combler des décennies de sous-bancarisation qui ont freiné notre développement économique », en améliorant l’efficience des systèmes de paiement, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant l’inclusion financière. Au-delà, le ministre y voit un puissant vecteur de transparence des flux financiers, d’intégration économique régionale et de création d’emplois durables.
Le Sénégal, a-t-il rappelé, n’est pas en reste sur ce chantier. Depuis son installation en 2024, le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye a fait du numérique un pilier central de sa stratégie de développement, concrétisée par le lancement, le 24 février 2025, du « New Deal Technologique ». Cette feuille de route ajoute t-il, à l’horizon 2050, ambitionne de faire du pays une société numérique inclusive et innovante, positionnée comme hub technologique et financier en Afrique. Elle s’articule autour de quatre axes majeurs : la consolidation de la souveraineté numérique, la transformation digitale des services publics, le développement de la fintech, de l’intelligence artificielle et de la blockchain, ainsi que le renforcement de la connectivité et du capital humain national.
Pour autant, le ministre n’a pas esquivé les zones d’ombre de cet écosystème en pleine expansion. Il a listé les risques que font peser les cryptoactifs sur les économies : développement du shadow banking non régulé, volatilité excessive des marchés, blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, cyberattaques et menaces sur la souveraineté monétaire. Des défis qui, selon lui, « appellent une réponse collective et coordonnée, fondée sur la coopération régionale et internationale ». Dans cette optique, le Sénégal soutient activement la BCEAO dans l’élaboration d’un cadre réglementaire régional harmonisé, capable de concilier innovation, protection des consommateurs et stabilité financière.
Convaincu que la qualité des participants réunis à Dakar permettra de dégager des solutions concrètes et adaptées aux réalités africaines, Cheikh Diba a officiellement déclaré ouverte la conférence tout en exprimant l’espoir que ses conclusions contribueront à éclairer les politiques publiques et à renforcer la coopération entre les institutions monétaires et financières de la région.