Cheikh Bakhoum : « Avec Smart Sénégal, on va accélérer les procédures de l’Administration »

C’est au siège de l’ADIE, un bâtiment isolé des centres administratifs, niché à l’entrée du Technopole que l’on a rencontré Cheikh Bakhoum, Directeur général de l’Agence De l’Informatique de l’Etat. Costume bien taillé, cravate ajustée, l’homme est courtois. On ne sent pas la barrière qui existe, parfois, entre un directeur et ses collaborateurs. Il serre la main à tout le monde et prend, par moments, le temps d’échanger avec ses agents. Il nous invite dans une salle de réunion vitrée, d’où l’on peut avoir une vue panoramique du « poumon vert » de Dakar ; les Niayes. Avec Cheikh Bakhoum, nous avons abordé plusieurs questions relatives au programme « Smart Sénégal », ses composantes, ses objectifs de rendre l’Administration sénégalaise plus efficace et de booster l’économie numérique. Nous avons également discuté de la vision de l’ADIE, de ses missions et de la place du Sénégal dans l’économie numérique, en Afrique de l’Ouest et sur le continent.


Pouvez-vous, Monsieur le Directeur Général, nous présenter le programme « Smart Sénégal »?


Le programme Smart Sénégal entre dans le cadre du projet « Smart Africa » qui est une initiative lancée, il y a quelques années, avec quelques pays comme le Rwanda, le Sénégal et bien d’autres pays africains. Dans cette initiative, « Smart Africa », l’objectif est que le continent puisse faire du numérique le moteur de la transformation de notre économie à travers le développement des infrastructures « broadband »*. Le Sénégal, avec le Président Macky SALL, a en charge ce volet qui a également l’ambition de développer un certain nombre d’applications qui pourraient être utilisées par l’ensemble des pays de notre continent, parties prenantes de ce projet. C’est le Président Macky Sall qui est allé négocier le programme en Chine. C’est lui qui a lancé le programme « Smart Sénégal » et qui l’a confié à l’ADIE. C’est sous son impulsion que tout cela est en train d’être implémenté.

Smart Senegal qui a pour objectif de mettre le digital au cœur de la vie de nos concitoyens, est composé de plusieurs volets (Smart Education, Safe City, Smart Territoires, Ville sans fil, Câbles-sous-marins Ndlr).

 

À combien s’élève le financement de Smart Sénégal et de quel ordre est-il ?

 

Le financement global de Smart Sénégal est de 150 millions de dollars (soit environ 83 milliards de FCFA) avec les cinq composantes. C’est une convention de financement avec la République Populaire de Chine. Lors de la dernière visite du Président chinois, Xi Jinping, à Dakar, la Chine a accordé un prêt concessionnel de 150 millions de dollars à l’Etat du Sénégal pour financer cette première phase du programme « Smart Sénégal ».

 

Donc, il devrait y avoir une autre phase pour ce programme ?

 

On espère qu’il y aura d’autres phases avec d’autres partenaires pour permettre à « Smart Sénégal » d’être une réalité dans l’ensemble des localités du Sénégal.

 

Et quels sont délais de réalisation des projets de Smart Sénégal ?

 

Le programme va durer deux ans. Il a démarré en Janvier 2019 et devrait se terminer en Janvier 2021.

 

Est ce qu’il y a des volets de Smart Sénégal pour lesquels des résultats peuvent déjà être constatés ?

 

Oui. Je pense que sur le volet Éducation le travail est en train de se faire dans l’ensemble des universités. Des salles sont en train d’être équipées. La plupart des équipements télécoms ont été déjà déployés dans les universités. Également, sur le volet Wi-Fi lors du dernier Afrobasket, on a vu que le stade était totalement couvert en internet. Nous sommes aussi en train de raccorder l’Aéroport International Blaise Diagne et le campus social de l’UCAD. Ces sites font partie des 84 points au Sénégal qui devraient être couverts par le Wi-Fi public. Au-delà de cet aspect, sur la partie « Smart Territoires », avec les « Maisons du Citoyen », les travaux sont en cours à Thiès, Kaolack, Fatick, Louga et plusieurs autres capitales départementales qui devraient abriter ces édifices. Je pense que dans les deux ans, tous les projets vont être bouclés.

 

Quelle est la place de ce programme dans le « Plan Sénégal Émergent » ?

 

Dans le Plan Sénégal Emergent, le numérique est un levier qui devrait aider tous les secteurs à améliorer leur productivité. Dans cette perspective, dans la phase II du Plan Sénégal Emergent, Smart Sénégal est appelé à résoudre un certain nombre de problématiques notamment sur la sécurité publique mais également sur le volet Education, et l’amélioration générale du service public à travers les « Maisons du Citoyen » qui vont être construites dans les 45 départements du Sénégal. C’est donc, clairement, un programme à part entière du plan de développement du gouvernement du Sénégal qui sera suivi par le Bureau Opérationnel de Suivi [BOS] du Plan Sénégal Emergent.

 

Il y a une stratégie nationale sur le numérique qui a été lancée en 2016, “Sénégal Numérique 2025”. Est-ce que Smart Sénégal a un lien particulier avec elle ?

 

Effectivement, la stratégie nationale 2025 a été adoptée par le gouvernement du Sénégal et est, aujourd’hui, gérée par notre tutelle, le ministère de l’Economie Numérique et des Télécommunications. La stratégie nationale 2025 a une composante importante de transformation de l’Administration en matière de numérique. Il y a plusieurs projets qui sont prévus dans le cadre de cette stratégie et aujourd’hui les Centres de Services Partagés (CSP) prévus dans cette stratégie se retrouvent dans ce qu’on va faire au niveau des Maisons du Citoyen. La quasi-totalité des composantes de cette stratégie de « transformation digitale » de l’Administration est prise en charge par « Smart Sénégal ».

 

Dans la Stratégie « Sénégal Numérique 2025 », le Sénégal veut atteindre une contribution de 10% du numérique dans son PIB. Que peut apporter le programme « Smart Sénégal » à l’atteinte de cet objectif ?

 

En tout cas, avec Smart Sénégal on va simplifier les procédures au niveau du service public, parce que c’est un des challenges ; avec l’accessibilité, que devra relever notre Administration. Nous devons permettre aux citoyens, aux investisseurs d’avoir accès, en un temps record et en tous lieux, aux services publics avec des plateformes accessibles partout sur le territoire national. Je pense que cela va renforcer la place de l’Administration avec des « Centres de Services Partagés » permettant à tous les secteurs de notre vie économique et sociale de bénéficier du numérique. Á travers Smart Sénégal, nous allons créer de nouveaux emplois. Parce que dans chacune des « Maisons du Citoyen », des opérateurs seront formés au digital, à l’utilisation des applications digitales pour offrir aux citoyens sénégalais le meilleur service public possible. Je pense qu’au bout du processus d’implémentation, Smart Sénégal va largement contribuer à ce que le numérique puisse, à l’horizon 2025, peser 10% du PIB.

 

Les câbles sous-marins sont une composante importante de Smart Sénégal. Comment leur déploiement va-t-elle améliorer la connectivité au Sénégal ?

 

Nous envisageons d’avoir au minimum 100 gigas en termes de bande passante internationale avec une possibilité de montée en puissance jusqu’à 200 gigas supplémentaires.

 

 

Les câbles sous-marins font l’objet ailleurs, par exemple en France, d’un débat sérieux sur la souveraineté. Un pays comme le Sénégal qui n’a, peut-être, pas les moyens financiers d’avoir ses propres câbles, expose ses données aux fournisseurs. Est-ce le prix à payer ?

 

De toutes les façons, la plupart des câbles qui traversent les océans, ou les continents, sont des propriétés d’entreprises. Ce ne sont pas les Etats qui, en général, ont investi dans la mise en place des câbles. Les Etats peuvent s’allier à des opérateurs au niveau continental ou international. Par exemple « Main One » est la propriété d’une entreprise nigériane, la même chose pour « Glow One ». S’agissant de la problématique de la souveraineté, je pense qu’elle trouve toute sa pertinence au niveau local. La fibre au niveau local doit être détenue par l’Etat du Sénégal. C’est le cas avec l’essentiel du réseau installé par l’ADIE. Au niveau international nous devons, forcément, nouer des partenariats avec des opérateurs en matière de fibre optique.

 

Cela pose aussi le problème des données avec les « Datacenters » qui seront installés au Sénégal. Qu’est ce qui est prévu sur le plan de la protection de ces données-là ?

 

Nous avons, aujourd’hui, deux Datacenters qui fonctionnent et qui hébergent l’essentiel des données de l’Administration du Sénégal. Nous sommes en train de construire deux autres « Datacenters » de type tiers 3 à Diamniadio. Cela va permettre d’héberger la quasi-totalité des données de l’Administration et même au-delà. D’autres Datacenters devront être construites parce que, comme vous l’avez rappelé, la problématique de la souveraineté et de la confidentialité des données se pose. La législation de certains pays doit nous pousser à cela parce que clairement les données que nous gérons doivent être accessibles à tout moment, nous devons égalementnous assurer de leur protection dans la mesure où cela ne va pas en contradiction avec les lois des pays qui hébergeraient ces données.

 

On parle, de plus en plus, de données ouvertes ou « Open Data » en anglais. Avec les datacenters qui vont être érigés, on aura des données ouvertes ou confidentielles ?

 

Au niveau de l’Etat, nous sommes en phase avec l’Open Data. Il y a par ailleurs, au niveau des données, des classifications à faire ; y a des données qui peuvent être publiques et accessibles à tous. Il y en a d’autres qui doivent être conservées par l’Etat parce que considérées comme confidentielles, secrètes. Sur la base de cette classification, nous devons rendre nos données accessibles à tous pour permettre au secteur privé, aux sénégalais et tous ceux qui s’intéressent à ces données de pouvoir y accéder. Il faut aussi développer des applications qui vont être utilisées par l’ensemble des secteurs et faire que le digital puisse créer des emplois et développer des activités qui vont être utiles aux sénégalais. Le Sénégal doit apprendre à ouvrir ses données en permettant aux startups et aux entreprises travaillant dans le domaine de développer des activités porteuses de valeur ajoutée pour le pays et nos concitoyens.

 

Pensez-vous que le seul fait que le Datacenter soit physiquement sur le territoire sénégalais soit le gage de sécurité des données qui y seront stockées ?

 

En général les gens connaissent les lieux physiques où les Datacenters se trouvent. Ce n’est pas parce que l’emplacement d’un datacenter est connu qu’il est possible d’y accéder et de « cracker » les données qui y sont hébergées…

 

Le fait que les datacenters soient sur le territoire national est donc un gage de sécurité…

 

Oui (sans hésiter). D’abord si les datacenters sont au niveau national, on pourra les sécuriser physiquement. S’il y a un problème, on peut intervenir. Mais si vos données sont hébergées ailleurs vous n’avez aucune maitrise quand vous êtes attaqués ou même quand vous avez des problèmes entre Etats. Vous pouvez avoir des difficultés à avoir accès à vos propres données. Je pense que notre souveraineté doit être préservée. L’Etat du Sénégal a pris l’option de construire ces Datacenters. Nous encourageons aussi le secteur privé à en développer pour élargir l’offre et faire du Sénégal un « hub » en matière d’hébergement des données. Je pense que c’est un aspect stratégique de la gestion des données. Le Sénégal est, géographiquement, bien placé pour constituer ce hub au niveau de la sous-région, voire du continent.

 

Vous avez parlé tout à l’heure de Maisons du Citoyen avec « Smart Territoires ». Ce sont des maisons faites pour que les citoyens viennent y solliciter des services administratifs. Pourtant, avec le numérique aujourd’hui on ne devrait normalement pas avoir besoin de se déplacer pour accéder aux services publics. En deux clics sur Internet on devrait pouvoir les obtenir…

 

Je pense qu’une personne qui s’y connait, qui a les capacités de faire ses transactions en ligne n’aura pas forcément besoin d’aller dans ces « Maisons du Citoyen » pour pouvoir obtenir ces documents de l’Administration. On a, je crois, vraiment besoin de ce niveau intermédiaire. Le contact physique ne peut pas tout de suite disparaitre parce que, lorsqu’on met les applications en ligne et qu’on n’accompagne pas les populations dans leur utilisation, l’on constate quele taux d’utilisation des outils digitaux est extrêmement faible. Des pays comme la France et d’autres beaucoup plus développés ont essayé cela. Le constat est le même ; la plupart des administrés continuaient à aller au guichet physique pour demander leurs documents administratifs. Que faut-il faire devant cette situation ? Je pense qu’il faut ce niveau intermédiaire pour avoir des guichets uniques animés par des agents bien formés et capables de traiter rapidement les demandes des concitoyens. Parfois cela peut être compliqué pour les usagers ; vous pouvez « uploader » un document sans que l’opération ne réussisse. Il est plus indiqué, dans ce cas, de se faire accompagner par un agent de l’Etat dont ce sera la principale tâche, et qui saura délivrer, de façon idoine, le document demandé. C’est clairement ce qui justifie la mise en place de ces « Maisons du Citoyen » qui vont permettre à tout le monde, même ceux qui ne sont pas familiers au digital, de pouvoir utiliser le digital pour se faire délivrer des services de l’Administration. Les paysans, les artisans, tout le monde pourra avoir des documents administratifs dans des délais records. C’est cela aussi l’objectif, il faut un service de qualité dans des délais réduits. On doit permettre à chaque sénégalais d’avoir accès à ces services.

 

Mais l’un ne devrait pas empêcher l’autre. Il y a, certes, des gens qui ont des difficultés mais il y a d’autres qui sont beaucoup plus doués…

 

(Il interrompt la question) Eux ils auront leurs applications en ligne. Ils n’auront pas besoin de venir dans les « Maisons du Citoyen ». L’application sera en ligne. L’adresse sera monservicepublic.gouv.sn. Même si vous êtes à Paris ou en dehors du territoire sénégalais vous pourrez faire vos demandes directement

 

Avec « Safe City » comment faire pour que la sécurité soit maximale dans un contexte mondial marqué par les cyberattaques et l’ingéniosité des hackers qui semblent-ils, ont une longueur d’avance sur la cybersécurité ?

 

Je pense qu’à ce niveau, il n’y a pas de « risque zéro » en matière d’informatique. Malheureusement, c’est le revers de la médaille avec les données sur Internet. Il est très difficile d’avoir une sécurité à 100%. Mais aujourd‘hui nos Etats doivent investir davantage dans les infrastructures de cybersécurité et dans le cadre de Safe City, nous envisageons d’avoir une entité dédiée à cette problématique. Un centre de cybersécurité sera mis en place pour mieux surveiller les réseaux de l’Etat et, au-delà, tous ceux qui opèrent au Sénégal. Des moyens substantiels vont être mis à disposition de la prise en charge de cette problématique. Car, il est sûr que nous devons renforcer nos dispositifs de sécurité pour faire face aux cybercriminels.

 

Par rapport à Smart Education, c’est un vrai défi dans un pays en voie de développement. Comment spécifiez-vous l’enjeu de l’éducation avec le numérique ?

 

Je pense que l’éducation est la clé du développement de chaque pays. Parce que si nous avons des populations de plus en plus éduquées, nous pourrons réellement prendre en charge les problématiques de notre développement. On ne peut pas avoir une bonne agriculture si nous n’avons pas assez d’ingénieurs dans le domaine. On ne peut pas avoir une bonne industrie si on n’a pas de techniciens capables de prendre cela en charge. C’est valable pour la médecine et pour tous les autres secteurs. Nous devons, clairement, miser sur notre éducation pour pouvoir développer notre pays. Aujourd’hui, le numérique c’est le meilleur des raccourcis pour avoir une masse critique de Sénégalais bien formés et capables de prendre en charge notre développement économique et social. Grâce au numérique, nous allons élargir l’offre d’éducation qui existe déjà parce que la cartographie ; en termes d’écoles primaires et secondaires, est de bonne qualité dans la plupart des communes du Sénégal. Nous avons, aujourd’hui, plusieurs universités à Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor, Bambey et bientôt au Sine Saloum et à Diamniadio. Au-delà de cette offre, nous avons «l’Université Virtuelle du Sénégal » qui, exclusivement avec le numérique,permet à beaucoup de sénégalais n’ayant jusqu’ici pas accès à l’enseignement supérieur, de pouvoir être formés. Si nous n‘avions pas cette infrastructure de télécommunications, cela ne serait pas possible. Si nous n’avions pas les ressources IT qu’il fallait, nous ne pourrions pas délivrer ce type d’enseignement. Aujourd’hui, grâce au numérique et au programme « Smart Sénégal » qui va équiper toutes ces universités et permettre à l’UVS de se renforcer et d’avoir beaucoup plus de capacité pour l’enseignement en ligne, nous pourrons renforcer l’offre d’éducation dans notre pays.

 

Dans d’autres pays du monde on parle d’enseignement sans papiers. Est-ce que Smart Education a cette vision?

 

On va considérer cette partie Smart Education comme une phase d’expérimentation de l’enseignement avec le numérique. Nous avons choisi 32 écoles primaires et secondaires pour faire des « classes 100% numériques » avec des tableaux et des postes de travail numériques qui vont être utilisés par les élèves. Sur cette base, c’est une vraie transformation qui va se produire dans nos écoles. Certes, nous allons mettre à disposition ces technologies mais nous allons aussi former les enseignants à délivrer leurs cours avec ces types de supports digitaux. Selon les résultats obtenus, on pourrait envisager de généraliser cela à l’ensemble des établissements du Sénégal. En tout cas, c’est un défi que nous nous sommes lancés et nous espérons que grâce à cette initiative, l’enseignement numérique généralisé peut, dans quelques années, être une réalité au Sénégal.

 

Venons-en maintenant à l’ADIE. Quel est le rôle de la structure que vous dirigez dans l’organisation générale de l’Etat ?

 

L’Agence De l’Informatique de l’Etat est une structure rattachée au Ministère de l’Economie Numérique et des Télécommunications. C’est une entité transversale à l’Administration pour permettre à notre Etat de pouvoir rationnaliser ses dépenses en informatique mais surtout de se doter d’un système d’information cohérent permettant à l’Etat du Sénégal de pouvoir utiliser le numérique comme levier de transformation économique.

 

En quoi le travail de votre agence est-il le gage d’une plus grande efficacité de l’Administration sénégalaise ?

 

Notre travail, comme je vous l’ai dit tantôt, consiste à accompagner tous les ministères, toutes les composantes de l‘Etat, à se doter d’un système d’information, à se moderniser, parce que clairement nous constatons que notre Administration fonctionne de façon peu optimale depuis les indépendances. Aujourd’hui nous avons besoin d’échanger plus de données, de nous connecter au monde et, le plus important, faire que le numérique booste tous les secteurs de notre économie. C’est pour ça que l’ADIE s’est attaqué, dans un premier temps, à la problématique de la connectivité. Nous savons tous que le digital n’est possible que si nous avons les infrastructures de télécommunication permettant de développer des applications qui vont être déployées. C’est dans ce cadre que nous avons déployé près de 4500 km de fibre optique pour interconnecter la quasi-totalité des administrations tant au niveau de Dakar que dans les régions. Au-delà de cette problématique de connectivité, nous nous sommes, également souciés de l’hébergement des données de l’Administration et nous sommes l’entité chargée d’assurer la maitrise d’ouvrage de l’ensemble des projets informatiques de l’Etat. Ainsi, tout ministère, toute entité de l’Etat ayant un projet de mise en place de système d’information, fait appel aux experts de l’ADIE pour en concevoir l’architecture et permettre à ces systèmes d’être interopérables et de pouvoir être opérationnel en utilisant les ressources disponibles au niveau de l’Agence De l’Informatique de l’Etat.

 

De ce que vous nous avez expliqué du programme « Smart Sénégal » et du rôle de l’ADIE, pouvons-nous, aujourd’hui, connaître la place du Sénégal en matière de numérique en Afrique de l’Ouest ?

 

Je pense que le Sénégal est considéré comme un pays d’avant-garde dans le domaine du numérique. L’Agence De l’informatique de l’Etat a été créée en 2004, inaugurant un mode d’organisation unique dans la sous-région. Mais depuis que le Sénégal a pris cette option, on a vu que beaucoup de pays ont suivi son exemple. Cela montre, dans le cas du concept novateur d’Informatique de l’Etat, le rôle de précurseur du Sénégal. En matière d’infrastructure télécoms, nous sommes l’un des pays à la pointe des infrastructures « broadband » dans la sous-région voire le continent. On a de très bonnes infrastructures de télécommunications à travers les opérateurs classiques mais, également, la fibre de l’ADIE. Aujourd’hui, l’enjeu est de renforcer la présence de l’Administration sur Internet, et d’améliorer les services en ligne offerts aux usagers de l’Administration publique.

 

Entretien réalisé par e-conomiemag.com

 

 




Lundi 9 Décembre 2019
Dakaractu



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