Champ de courses : Pour éviter la mévente, les commerçants obligés de se transformer en marchands ambulants.


Au marché du Champ de Courses, nouveau réceptacle des commerçants déguerpis du marché Sandaga, c’est l’inquiétude qui est le sentiment le mieux partagé. En effet, les commerçants dénoncent l’enclavement du marché, raison pour laquelle, il ne serait pas  fréquenté par les populations. 

Dakaractu a fait une descente sur les lieux pour s'enquérir de leur situation, mais surtout découvrir le désarroi dans lequel baignent leurs nouveaux occupants. 

Mohamed Tine, la trentaine révolue, vêtue d’un tee-shirt de couleur beige assorti d’un pantalon de couleur beige, a dénoncé les difficultés rencontré au marché du Champ de courses. « Nous rencontrons des difficultés depuis le début de notre arrivée au Champ de courses. Le marché est très enclavé. La manière avec laquelle on nous a déplacé est vraiment inhumaine », dénonce ce vendeur de chaussures.
Qui poursuit : « Depuis que la fête de la Tabaski est finie, je n'ai vu ou reçu le moindre  client. » Face à cette situation, le commerçant  a fait savoir qu’il aimerait bien faire le marchand ambulant comme certains pour pouvoir écouler ses produits, même si la vente de certains produits ne s’y prête pas. Et de surcroît, les endroits où on pouvait les garder n'existent plus, ils ont tous été démolis. Si je pouvais quitter ce marché, je le ferais, mais je n'ai pas d’autres solutions. »

Falilou Mbengue, horloger de son état, a quant à lui affirmé qu'on les a contraints à quitter Sandaga. "On était en négociation avec les autorités et cela n'a même pas abouti qu'on nous a contraint à quitter les lieux le lendemain de la Tabaski. Et avec ce contexte de pandémie du Covid-19... », a-t-il déploré, avant de souligner que beaucoup de ses collègues commerçants sont actuellement au marché Sandaga. Ils ont fait faire des tables sur lesquelles ils mettent quelques produits.  

Mamadou Ndiaye, bijoutier, abonde dans le même sens, mais il ironise en parlant du charme du marché du Champ de Courses. "Les gens viennent le matin ouvrir leurs magasins et s'en vont faire le marchand ambulant. Il n’y a que de la beauté ici, mais rien d'autre!"

Trouvé en train de plier ses bagages pour retourner au marché de Sandaga, Abdoulaye Diagne, lui est catégorique. « J’ouvre mon magasin et je vais à Sandaga pour faire quelques affaires », a-t-il laissé entendre. Il estime qu'il ne peut pas être un chef de famille et rester ici sans vendre ne serait-ce qu’un article.

Pour le chargé de l'organisation du mouvement And Taxawou Sandaga, Moustapha Diouf, lui accuse les autorités qui ont manqué de considération à leur égard. « Là, où on a dépensé 500 millions, il ne devait pas y avoir de récriminations, mais vous le constatez vous-même, il y a des cantines qui ne font pas un mètre », a précisé M. Diouf.

Habibou Aïdara ne manque pas de fustiger l'attitude des autorités notamment celle du préfet qui est devenu injoignable. Ils jugent que les autorités doivent trouver une solution à leur sort avant qu'il ne soit trop tard...
Vendredi 4 Septembre 2020
Dakaractu




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