Chambre criminelle : Mansour Diop avait égorgé son père, Imam de Darou Salam (Sicap Mbao), il risque la perpétuité

La réclusion criminelle à perpétuité, c'est ce qu'encourt l'accusé Serigne Mamadou Mansour Diop. Il a été jugé ce mardi 16 février devant la barre de la chambre criminelle pour avoir égorgé son père, qui est l'imam de Darou Salam. Il sera fixé sur son sort le 2 mars prochain.


À Diamaguène Sicap-Mbao, le vieux Mbaye Sy Diop, imam de la mosquée du quartier Darou Salam de Diamaguène Sicap-Mbao, a été retrouvé égorgé dans sa chambre et les accusations portent sur son fils Mansour Diop. S'agissant des faits, le vieil homme a été retrouvé inerte et gisant dans une mare de sang. Les voisins ont été alertés par les cris de stupéfaction de la famille qui est tombée à la renverse devant cette découverte macabre. La police et les sapeurs-pompiers ainsi que les autorités préfectorales et communales aussitôt informés, se sont rendus sur les lieux du drame. Après le constat d’usage, le corps sera acheminé à l’hôpital Aristide Le Dantec pour subir une autopsie. L'affaire a été jugée, ce mardi 16 février, à la barre de la chambre criminelle de Dakar.

Rokhaya Ndoye, épouse du défunt Imam a déclaré à la barre : "jétais au marché. Quand je quittais la maison, mon époux était assis sur la natte, en train d'égrener son chapelet. C’est depuis le marché qu’on m’a appelée pour me dire qu’il a été tué. Serigne Mansour avait subitement disparu. Il ne faisait plus signe de vie jusqu’au jour où il a été arrêté". De son côté,  Abdoulaye Diop, son grand frère, avait confié  : " il se battait avec les membres de la maison. Il a même une fois blessé un de nos frères. Il a toujours un couteau pour se défendre. C’est pourquoi quand on m’a dit que mon père a été tué, j’ai sur le champ pensé à lui". Pour sa part, Babou Diop a déclaré que : "je n’étais pas sur les lieux au moment des faits. Mais mon frère est une personne belliqueuse. Son fort c’est de se battre en utilisant des armes blanches. Il prenait de la drogue et je lui faisais tout le temps des remontrances".

Poursuivi pour parricide, Serigne Mamadou Mansour Diop, avait reconnu à l'enquête préliminaire avoir assené à son père un coup de couteau à la poitrine. Avant de lui trancher la gorge. L'accusé avait dit aux enquêteurs que c'est à la suite d'une altercation qu'il avait commis son acte. "Ce jour-là vers 7h 30 du matin, il n'y avait personne dans la maison et je lui ai demandé de l’argent. Mon père m'a donné un coup et j'ai riposté", a-t-il dit. Le juge lui a montré les photos.

Il a encore changé de fusil d'épaule en disant qu'on l'accuse à tort. "Je ne fume pas. On m’a accusé à tort. C’est mon père qui m'a donné un coup en me demandant de le tuer. J'étais dans la forêt de Mbao avant de revenir deux mois plus tard". De son côté, le maître des poursuites a dit : " il voulait que son père lui donne de l’argent pour son petit déjeuner et lorsque le père a refusé, il y a eu altercation. Quand le père est tombé, il l’a égorgé et c’est ce qui ressort du certificat de genre de mort". Dans cette famille, on ne tolère même pas la consommation de la drogue à fortiori l’alcool. "C’est ce qui justifie la relation heurtée avec son père. C’est cela qui a fait que son père a voulu l'expulser de la maison. La thèse de la folie ne peut pas prospérer. Il est sain d’esprit et il a fait preuve de cohérence dans ses déclarations. L’acte qu’il a posé est un acte conscient et il a pris conscience des conséquences. C’est pourquoi il a pris la fuite. Il a fermé la maison et a escaladé le mur pour s’enfuir. Donc, l’homicide volontaire est bien constitué à son égard. Ses propres frères ont constaté des traces de sang qui ont conduit vers la chambre de l’accusé", a dit le procureur qui a requis la réclusion criminelle à perpétuité.

L' avocat de la défense indique que l'accusé ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 2 mars prochain. 
Mercredi 17 Février 2021
Dakar actu




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