Chambre criminelle : Abdoulaye Ndiaye encourt 10 ans de réclusion criminelle pour tentative de vol avec usage d’arme à feu.

Agé de 28 ans, Abdoulaye Ndiaye, marié sans enfant, habitant de Hlm Montagne, a été attrait devant la barre de la chambre criminelle pour répondre des délits d’association de malfaiteurs, tentative de meurtre sur le nommé Pape Latsouk Faye, tentative de vol avec infraction commis la nuit dans un magasin avec port d’arme à feu. Les faits se sont déroulés entre le 2 et le 3 mai 2019 à la rue Tolbiac. Le mis en cause risque 10 ans de réclusion criminelle si la cour suit la réquisition du parquet.


Devant la barre, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés mais reconnait la tentative de vol.
« On m’a surpris devant un magasin que je voulais cambrioler. Il était 5h du matin. Le gardien des lieux m’a aperçu avant de tirer un coup de feu en l’air pour me sommer de rester sur mes pas en me menaçant d’attenter à ma vie si je n’opérai pas. Après m’avoir maîtrisé et attaché avec une corde, il m’a livré à la police centrale », a déclaré le mécanicien de métier, Abdoulaye Ndiaye.

Interpellé sur le port d’un revolver dont il se serait servi en déroulant son acte, l’accusé a contesté la possession d’une quelconque arme et précise.
« Le gardien a donné un pistolet aux policiers après mon arrestation soutenant que l’arme m’appartenait. Je n’avais en ma possession qu’une cisaille que j’avais mise dans un sac pour tenter de dévaliser la boutique mais je n’ai pas pu concrétiser mon acte », a-t-il soutenu face au juge.

Interrogé sur des noms qu’il a cités comme étant ses acolytes dans la tentative de vol, Abdoulaye a renseigné qu’il voulait se tirer du supplice que lui faisait subir les policiers.

« On m’a torturé à la police centrale pour me faire avouer des noms qui n’ont rien à voir avec les faits parce que j’avais peur. Je subissais toutes les nuits des supplices pendant une semaine et cela se passait à 3h du matin à la police centrale. Tous les noms que j’ai cités me sont venus subitement à l’esprit. Tous les autres dossiers que les policiers ont voulu me faire porter ne tiennent pas », a confié l’accusé.
Sur le ciblage du magasin au détriment des autres, il a déclaré que la boutique se situe à Dakar-plateau précisément à la rue Tolbiac et a expliqué ignorer ce qu’elle contenait.

« Je ne savais pas ce qui était à l’intérieur. Je n’ai jamais repéré le magasin, j’y suis simplement tombé. J’ai pris un taxi pour me rendre sur les lieux du vol », a-t-il fait savoir.

Témoin de l’arrestation du prévenu, l’agent de sécurité, Modou Guèye qui gère la sécurité aux alentours du lieu où la tentative de vol s’est opérée, a été entendu dans le fond du dossier.

« Nous sommes quatre (4) éléments à veiller à la sécurité du marché à la rue Tolbiac. Il a été pris par un des agents avec qui je travaille. Latsouk Faye m’a raconté l’avoir aperçu alors qu'il tentait de dévaliser le magasin, et l’ayant interpellé,  le voleur a sorti son arme avec laquelle il a menacé l’agent. Celui-ci a riposté avec une machette jusqu’à le maitriser à la rue sergent Malamine. Latsouck a aussi souligné que le prévenu a tiré dans sa direction, mais qu’il n’a pas été atteint, c’est après qu’il a tenté de prendre la fuite », a expliqué Modou Guèye. À l’en croire, la boutique renfermait, globalement, des denrées de première nécessité.

Malgré les témoignages, le prévenu a continué à nier être propriétaire du revolver.

Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé son acquittement pour l’association de malfaiteurs. Pour la tentative de meurtre sur le vigile, Pape Latsouk Faye, les faits souffrent d’ambiguïté selon le maitre des poursuites car l’agent n’a pas été entendu devant la barre. Il a demandé également d’acquitter Abdoulaye Ndiaye du délit. Le parquet a, par ailleurs, retenu la tentative de vol avec effraction avec port et usage d’arme car le prévenu a été pris en train d’exécuter son acte. Le procureur a requis 10 ans de réclusion criminelle contre Abdoulaye Ndiaye.

La défense a fondé sa plaidoirie sur un paradoxe relevé dans les déclarations du procureur.
« Je me perds quand j’entends le procureur disqualifier la tentative de meurtre et retenir le port d’arme. Je voudrais bien que l’imputation soit assise sur des éléments précis. Je doute de l’existence même de cette arme. Aucun document ne peut prouver la propriété de l’arme au prévenu », a confié l’avocat. Il a plaidé la relaxe de son client sur la base du doute. Pour le conseil, tout ce qu’on peut retenir contre son client demeure la tentative de vol avec effraction et témoigne de la bonne foi de ce dernier raison pour laquelle, il a invité la cour à la clémence à son égard.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 16 février prochain…
Mercredi 2 Février 2022
Dakaractu




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