Tout le monde autour de la table du Conseil de sécurité était au diapason ce mardi 20 octobre, ce qui est assez rare pour être noté : les progrès sécuritaires en Centrafrique sont notables, mais attention à ne pas réaliser une transition entre la Minusca et les forces nationales trop rapidement.
Pour son dernier briefing, Valentine Rugwabiza a recommandé de reconduire la Minusca pour un an, malgré les progrès réalisés – plus de 1 900 combattants désarmés ces 15 derniers mois, la création d’un comité interministériel centrafricain, une décentralisation des institutions nationales bien avancée, même s’il reste 50 municipalités à installer.
Mais deux zones restent encore très instables : le nord-est autour d’Am Dafok, et la zone des trois frontières entre la Centrafrique, le Tchad et le Soudan. Or la présence de la Minusca pour épauler les Forces armées centrafricaines est encore nécessaire, comme l’a encore prouvé l’offensive armée du 30 juin à Am Dafok – sans les casques bleus, les Forces armées centrafricaines (Faca) n’auraient pas pu reprendre le contrôle en cinq jours. Moscou a rappelé aussi le soutien des Russes sur le terrain.
Même prudence du côté de l’ambassadeur centrafricain : conscient que les restrictions budgétaires pourraient donner envie aux diplomates de réduire la voilure de la Minusca, il a expliqué que Bangui n’avait pas les moyens financiers d’assurer un transfert des responsabilités total, tant que des menaces demeurent. Et il a suggéré qu’une évaluation conjointe des besoins opérationnels, institutionnels et budgétaires liés au transfert soit réalisée.