Centrafrique : Malgré les efforts fournis par le gouvernement, la situation reste précaire, tendue et les droits de l’homme toujours remis en cause (Rapport Minusca)

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, chef de la Minusca, a présenté le rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine au Conseil de sécurité ce mardi 22 février 2022 à New York. Mankeur Ndiaye souligne que des progrès vers la paix et la stabilité en République centrafricaine sont notés et se poursuivent avec des défis toujours présents. La complémentarité entre la feuille de route conjointe et de l’Accord de paix du 6 février 2019, devrait faciliter des interactions synergiques, et promouvoir la revitalisation dudit Accord.


 « Il faudra dix millions de dollars US pour financer les élections »
 
Ainsi, il souligne que la Minusca continuera à soutenir le processus préparatoire et la création de conditions propices à la bonne tenue du dialogue, que le Gouvernement prévoit d'organiser au mois de mars. Les attentes sont grandes. Il s’agit d’apporter des solutions politiques durables et de créer un climat politique propice à la bonne tenue des élections locales. L’engagement sincère de toutes les parties prenantes sera la clé de ce succès. « J'appelle également la communauté internationale à poursuivre son soutien à l'organisation de ces élections qui découlent des dispositions de l’accord politique pour la paix et la réconciliation. Il faudrait quelque dix millions de dollars US.
 
« La situation sécuritaire demeure préoccupante car des opérations militaires sont en cours contre des groupes armés, membres de la coalition des patriotes pour le changement »
 
En dépit de la déclaration du cessez-le-feu unilatéral en octobre 2021, il  souligne que « la situation sécuritaire demeure préoccupante. En effet, dans certaines parties du territoire, des opérations militaires sont en cours contre des groupes armés, membres de la coalition des patriotes pour le changement. À ces opérations militaires, s’ajoutent les représailles menées par les groupes armés à la fois contre les forces de sécurité nationale et les populations », regrette le chef de la Minusca.
 
« Je déplore que des violations du droit international humanitaire continuent d'être commises par toutes les parties au conflit »
 
Cependant, il manifeste ses inquiétudes. « Je déplore néanmoins que des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire continuent d'être commises par toutes les parties au conflit, y compris l'usage excessif de la force ainsi que le ciblage de certaines communautés dans les théâtres d’opérations, les violences sexuelles basées sur le genre et/ou liées aux conflits ainsi que le recrutement, les abus et l'utilisation d'enfants par des groupes armés », lit-on dans le rapport qui ajoute : « j’exhorte les autorités centrafricaines à mener les enquêtes requises, poursuivre les auteurs de ces violations et rendre ainsi justice aux victimes. J’encourage les autorités nationales à prendre des mesures tangibles et immédiates pour prévenir les violations des droits de l'homme commises par les forces de défense et de sécurité et les autres personnels de sécurité. J’insiste également sur la nécessité de coupler la reprise du contrôle du territoire avec une restauration effective de l’autorité de l’État, à travers le déploiement de services au profit de la population. »
 
« J’attire l’attention sur la banalisation de l'utilisation d'engins explosifs par les parties au conflit, notamment dans l’Ouest du pays »
 
L’action militaire est certes nécessaire, mais pas suffisante à elle seule pour apporter des solutions politiques durables à la crise centrafricaine. « Non, il n’y aura pas de solution militaire exclusive à la crise. J’exhorte les autorités nationales à préserver l'intégrité des efforts de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de rapatriement en se conformant au cadre national actuel unique et au programme de réduction de la violence communautaire, en empêchant toute initiative parallèle qui saperait ces efforts », dira-t-il.
 
Ainsi, il alerte la communauté internationale sur l’utilisation des engins explosifs. « J’attire l’attention sur la banalisation de l'utilisation d'engins explosifs par les parties au conflit, notamment dans l’Ouest du pays. Je condamne fermement l'utilisation des engins explosifs aux conséquences dramatiques et appelle les parties prenantes au conflit à renoncer à leur usage immédiatement. Il leur revient, dans ce contexte, de faciliter l'accès aux personnes en quête d’assistance humanitaire et de protection. Mais la justice ne peut servir la réconciliation que si les jugements sont rendus. J’appelle donc à prendre toutes les mesures possibles pour assurer l'exécution des mandats d'arrêt de la Cour Pénale Spéciale » conclura le missionnaire de l’Onu en Centrafrique.
Mardi 22 Février 2022
Dakar actu



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