Le Sénégal a rendu, ce jeudi 4 Juin 2026, un hommage exceptionnel à l'ancien président Abdoulaye Wade à l'occasion de son centième anniversaire. Organisée sous le haut patronage du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la cérémonie a réuni un impressionnant parterre d'autorités politiques, religieuses, coutumières, diplomatiques et de personnalités venues du Sénégal et de l'étranger pour célébrer celui qui a profondément marqué l'histoire politique du pays.
Parmi les invités figuraient plusieurs anciens Premiers ministres, ministres, députés, responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), membres du corps diplomatique ainsi que des représentants des familles religieuses et coutumières. La famille de l'ancien chef de l'État était également présente, notamment sa fille Sindiély Wade et plusieurs proches collaborateurs.
Dans un discours particulièrement applaudi, le président Bassirou Diomaye Faye a dressé le portrait d'un homme dont le parcours se confond avec celui du Sénégal moderne. Revenant sur un récent entretien téléphonique avec Abdoulaye Wade, le chef de l'État a confié avoir retrouvé un homme animé de la même énergie et de la même détermination qui ont caractérisé sa longue carrière politique.
« J'ai eu l'impression d'évoquer un homme qui a encore 30 ans et qui a toutes les grandes choses encore à accomplir », a déclaré le président Faye, rapportant les propos de son prédécesseur : « Tant que Dieu me tient en vie, je me tiens droit ».
Au cours de son allocution, le chef de l'État a insisté sur trois grandes vertus qui, selon lui, définissent l'héritage de l'ancien président : la patience, le respect de l'adversaire et la primauté de la nation.
Évoquant le long combat politique de Wade, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que ce dernier a dû attendre vingt-six années d'opposition et plusieurs défaites électorales avant d'accéder à la magistrature suprême en 2000. Une persévérance qui, selon lui, constitue une leçon pour les jeunes générations dans une époque marquée par l'impatience et la recherche de résultats immédiats.
Le président de la République a également souligné le sens du dialogue et du respect qui a toujours caractérisé les relations entre Abdoulaye Wade et ses adversaires politiques. Il a notamment rappelé le geste de Wade rendant visite à la mère du président Abdou Diouf au plus fort de la campagne électorale de 2000, symbole d'une conception noble de l'engagement politique.
L'alternance démocratique de mars 2000 a occupé une place importante dans cet hommage. Bassirou Diomaye Faye a salué la grandeur des présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade qui, par leur attitude responsable, ont offert au Sénégal l'une des plus belles pages de son histoire démocratique, faisant du pays une référence en matière de transition pacifique du pouvoir.
L'émotion était également au rendez-vous lors de la diffusion de plusieurs messages vidéo de dirigeants et d'anciens chefs d'État africains. Les présidents du Congo, du Togo et de la Côte d'Ivoire ont tenu à saluer la contribution d'Abdoulaye Wade à la démocratie africaine, à l'intégration du continent et à la promotion des idéaux panafricains.
L'ancien président sénégalais Macky Sall a lui aussi rendu hommage à son prédécesseur à travers un message vidéo, le qualifiant d'homme d'État de dimension exceptionnelle dont l'action a durablement influencé la trajectoire politique du Sénégal et de l'Afrique.
Au-delà des appartenances politiques, l'ensemble des intervenants a salué un parcours hors du commun. De ses études brillantes jusqu'à son accession au pouvoir, en passant par son combat d'opposant historique, Abdoulaye Wade apparaît aujourd'hui comme une figure incontournable du patrimoine politique national.
À travers cette célébration du centenaire, c'est toute la Nation qui a tenu à exprimer sa reconnaissance à celui que beaucoup considèrent désormais comme l'un des principaux bâtisseurs de la démocratie sénégalaise moderne.
Cent ans après sa naissance, Abdoulaye Wade demeure ainsi une référence pour plusieurs générations de Sénégalais et d'Africains, symbole de persévérance, de courage politique et de fidélité à ses convictions.