Ce qui intrigue Me Moussa Sarr dans le dossier de Saër Kébé...


Ce qui intrigue Me Moussa Sarr dans le dossier de Saër Kébé...
L'un des avocats de l'Imam Ndao s'est constitué pour l'accusé Saër Kébé du nom de l'élève en classe de terminale au lycée Demba Diop de Mbour, poursuivi pour acte de terrorisme et apologie du terrorisme. Mais c'est à croire que Me Moussa Sarr s'est depuis lors davantage imprégné des questions liées au terrorisme et à la géopolitique. Il en a fourni une belle démonstration lors de sa plaidoirie de ce matin à la salle 4 du tribunal de Dakar.
D'emblée, il a levé toute équivoque sur l'appartenance de son client à un mouvement jihadiste. “Mr Kébé n'a rien d'un jihadiste”, balaie-t-il du revers de la main. Pour s'expliquer, l'avocat invoque l'absence de liens de son client avec les mouvements jihadistes les plus en vue, notamment Al Qaida et l'État islamique. D'ailleurs pour lui, c'est la particularité de ce dossier. “Il s'agit de la crise palestinienne et d'une affaire liée au terrorisme”, précise la robe noire pour qui les choses doivent être remises à l'endroit dans cette affaire.
Selon lui, si son client devait être poursuivi, il devait l'être pour “antisémitisme ou anti-sionisme” encore que ces délits ne sont pas réprimés au Sénégal, fait-il noter.
Apparemment très au fait de la question palestinienne, Me Moussa Sarr a plongé le tribunal, le temps d'une plaidoirie dans une séance d'explication de ce conflit “complexe”.
C'est ainsi qu'il a rappelé toutes les exactions dont la Palestine a fait l'objet de la part d'Israël sous le nez et la barbe de la communauté internationale.
De l'avis de l'avocat, c'est sans doute, cette inertie de la communauté internationale face à la souffrance du peuple palestinien qui a poussé son client à avoir le comportement que le tribunal lui reproche, c'est à dire les menaces proférées contre les États-Unis et Israël sur leurs pages Facebook respectives.
L'avocat s'est ensuite engagé dans une entreprise consistant à démonter les charges retenues contre son client. À l'en croire, les faits d'actes de terrorisme et d'apologie ne tiennent pas la route. Le premier délit n'est pas établi, argue l'avocat pour qui, aucun élément prouvant que son client avait une intention de s'attaquer aux intérêts américains et israéliens n'est fourni par l'accusation. L'avocat met presque l'apologie du terrorisme dans le même sillage, surtout qu'aucun acte n'a été commis. 
Mercredi 27 Mars 2019
Dakaractu




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