Casamance : Bamboda, Yutu, Mandina Mancagne, Effock… ces villages qui résonnent !


Casamance : Bamboda, Yutu, Mandina Mancagne, Effock… ces villages qui résonnent !
Qui n’a pas entendu ces syllabes résonnant comme une foudre... de guerre en Casamance ? Aussi amnésique soit –on , l’évocation de Bamboda, de Yutu, de Madina Mancagne…de Effock  replonge dans la fournaise et les braises de la verte casa. Une casa verte logée dans les coeurs et qui a fini de virer au rouge tellement le sang versé n’a cesse depuis 82 de plonger moult familles dans l’éploration et le deuil : Des veuves et veufs , orphelins de tous âges se comptent par milliers, victimes d’une guerre fratricide aux dégâts collatéraux sans limites car affectant toutes les contrées du pays. Les familles encore en pleurs sont visibles dans toutes les branches socio-culturelles de Sunugal, sunu REW.
C’est vrai que l’épicentre et la zone de tampon se trouvent localisés au sud mais les sanglots versés dépassent de loin les  lignes artificielles de casadimansa : le berne est partout ! A commencer par la verte devenue rouge avec la dislocation et le déplacement des populations et leur exil même vers d’autres cieux.
Il faut vivre ce déracinement  au sens 1er pour un aperçu du vécu et du ressenti d’un départ forcé, un au revoir, un adieu très souvent à des terres natales, qui ont vu naître : Que de familles éclatées, des cursus brisés ,des rêves légitimes d’enfants anéantis par le fait de la sordidité humaine et les impacts seront indélébiles, à jamais marqués au fer rouge dans la mémoire individuelle et collective.
Et que dire de l’armée , la vaillante nationale, symbole d’union et de cohésion, ce trait d’union, ce dénominateur commun ? oui les jambars sont tombés !
Chapeau bas et Mbara wathie ! Et l’armée ne connait pas de partis pris ni de penchant pour dire qu’un jambar à terre, son sang n’est ni Jola , ni wolof ,ni sérère,ni… mais seulement un sénégalais et ils sont nombreux, ces jambars  à payer ce tribut au nom de la patrie et du fait encore de cette bêtise humaine. Et parfois placés devant une déchirure entre le devoir et l’honneur ,je vous laisse deviner la suite qui taraude chez nos braves, le conflit étant intra et interne !
Les blessés de guerre(trop !), non de casa, les invalides, les handicapés à mort pourtant nés valides et plus tard  réformés et reversés dans la vie civile traînant diverses incapacités. Tous ces drames au nom d’une bêtise car rien de plus sacré que la vie et personne n’a le droit de l’ôter à son prochain et pourtant… que de civils et de jambars  tombés ! Les villages de Bamboda ,Yutu et Loudia…wolof ou Jola ont enseveli  et rendu inapte dans le silence de la forêt dense de la…rouge casa. Oui dans le silence et la douleur, dans la sollicitude et la déchirure, les balles ont tué des frères et des sœurs, tous sénégalais pour des inepties et au nom de balivernes.
Effock serait émergent depuis et que dire de Mandina mancagne 20 ans après dans un contexte de paix et de sérénité, les pop. en parfaite osmose avec la nature : Véritable Eden à envier dans un Sénégal  de concorde pour un décollage à tous points de vue mais la résonnance est autre. Seulement l’espoir est permis et rien et personne ne saurait détourner de ce cap… de bonne espérance en dépit de la parenthèse de BOFA BAYOTTE  avec la tuerie du bois, parenthèse qui doit être vite refermée !
                                                       
IBOU SENE
KAOLACK
Dimanche 21 Janvier 2018
Dakaractu




Dans la même rubrique :