COVID-19 SÉNÉGAL : COMMENT VIVRE EN SA PRESENCE ?

« On n’avance pas vers un ennemi en baissant la garde »


COVID-19 SÉNÉGAL : COMMENT VIVRE EN SA PRESENCE ?

Depuis la dernière adresse à la nation du Chef de l’Etat, beaucoup de spécialistes nous demandent de vivre « avec » le virus. Ce qui est loin de ce qu’il faut faire. Il faut juste apprendre à vivre « en présence » de celui-ci et adapter la stratégie de communication sur le « comment ».

 

Aujourd’hui que les mesures ont connu une adaptation suivant les exigences sanitaires et socioéconomiques, il faut de nouvelles attitudes à la population.

Chaque sénégalais doit être un bon citoyen et en même temps un excellent vecteur de la sensibilisation. Il doit « s’auto-exiger » le port du masque en tout lieu et toute circonstance. Le masque ne doit plus être pour nous tous un simple accessoire mais comme le boubou que l’on met pour ne pas sortir nu. On doit toujours habiller le nez à la bouche avant de quitter la maison.

 

Sans masque, on est en danger ! Toute personne qui n’en porte pas est un danger pour autrui et pour lui même. Mettre un masque doit devenir un réflexe.

 

Le coronavirus n’est pas un virus comme les autres. On le trouve dans les gouttelettes et on peut le contracter par les yeux, la bouche ou le nez. Le masque permet de ne pas recevoir ces gouttelettes porteuses du virus directement sur le visage et si on en est porteur, de ne pas les projeter sur nos vis à vis en toussant ou éternuant.

 

Si nous ne pouvons pas nous confiner totalement, restons chez nous autant que possible et si on doit sortir que le masque soit le sésame pour y aller.

 

Dans tous les commerces ou lieux de rassemblement, on ne doit plus accepter des gens sans masque et cela chaque sénégalais peut bien y veiller.

 

Nous devons avoir le même comportement dans les mosquées qui seront rouvertes. Pas de masque, pas d’accès ! En sus de cette mesure, les responsables de ces lieux de prières doivent adopter le marquage au sol afin de faire respecter la distanciation physique. Si les fidèles trouvent à l’intérieur, la place de chacun bien marquée, ils ne feront que respecter. Un seul muezzin suffira pour l’appel à la prière afin de ne pas avoir à faire passer le micro utilisé à cet effet d’une main à une autre. Il doit aussi être désinfecté régulièrement.

 

Pour cette mesure, l’Etat a été bien inspiré de passer la main à l’autorité religieuse. Des responsables de lieux de prière, mosquées ou églises, montent au créneau pour informer que pour eux la réouverture n’est pas pour maintenant. Ce qui permet à l’Etat de se décharger d’une pression inutile et continuer à voir sa première mesure appliquée. Quelle ingéniosité !

 

Ces mêmes précautions sur le port du masque et la distanciation physique doivent être de mise dans les marchés hebdomadaires ou « luma ». Les collectivités territoriales doivent mieux organiser les « luma » qui se déroulent dans leur circonscription. Elles ont l’obligation d’organiser les étales tout en respectant les distances de rigueur, de sensibiliser les commerçants et les clients sur les dangers du virus, son mode de transmission, la nécessité de porter un masque et de se laver régulièrement les mains. Nous savons tous que le transport vers ces marchés se fait dans des situations indescriptibles. Les voyageurs s’entassent généralement dans des camions ou se déplacent avec des charrettes. Il faudra que les autorités au niveau local veillent à ce que toutes les précautions soient prises.

En ce qui concerne la reprise des cours, l’autorité peut combiner trois leviers : l’équipe pédagogique (l’ensemble des enseignants de l’école), le groupe pédagogique (l’ensemble des élèves suivant le même cours) et la classe physique.

 

Par exemple dans une école de 12 classes, nous avons deux CM2, 12 maitres craie en main, 12 classes physiques, des suppléants, des maîtres d’arabe. Une bonne répartition peut permettre d'avoir des groupes pédagogiques de 10 à 12 élèves dans chaque classe physique qui sera confiée par un enseignant de l’école. Même procédé pour les autres écoles de 6 classes ou autres. Ainsi la distanciation sociale entre les enfants sera réglée et les autres membres du personnel non utilisés auront la charge de faire respecter l’hygiène et les mesures de prévention. Les moments de récréation se feront à tour de rôle et les jeux collectifs interdits. Veiller à ce que chaque élève ait sa bouteille pour étancher sa soif et que le matériel soit individuel. En ce qui concerne les vendeurs dans les cours de l’école, les organiser avec la plus grande fermeté à défaut de complètement les interdire.

 

Maintenant, si un enseignant sans fioriture vous jette à la figure qu'il ne peut pas tenir une classe de CM2 alors là...alors là...c'est un autre débat.

 

Un enseignant a un rôle qui n'est pas moins important que celui d'un agent de la santé. Il a l'obligation de transmettre le savoir, de former en tout lieu et en toute circonstance. Il ne peut pas se dérober à cette mission pour laquelle il s'est engagé.  C'est comme si un agent de santé disait qu'il n'irait plus à l'hôpital soigner parce qu'il y'a la pandémie et que le risque de contamination est grand.

 

Pour ceux disant qu'ils ne tiennent pas une classe de CM2, cela démontre à suffisance les incohérences que nous avons dans nos écoles. Certains enseignants sont devenus spécialistes du CI ou du CP ou d'autres cours oubliant qu'ils ont été formés pour tenir n'importe quelle classe du cycle.

Notre pays est à la croisée des chemins et 

 

chaque segment de notre société doit comprendre que nous sommes confrontés à un dilemme cornélien : rester à la maison et voir notre économie s’effondrer ou sortir et apprendre à vivre en présence du virus. Nous pouvons bien relever le défi de relancer notre économie et en même temps de vaincre la pandémie…si et seulement nous sommes disciplinés et conscients des enjeux.

Avançons ensemble vers l’ennemi mais tout en relevant notre garde.

 

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

Jeudi 14 Mai 2020
Dakaractu



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