COVID-19 AU SENEGAL : DE LA GUERRE DE TRANCHÉES À CELLE DE MOUVEMENT


COVID-19 AU SENEGAL : DE LA GUERRE DE TRANCHÉES À CELLE DE MOUVEMENT

L’apparition du premier cas de coronavirus dans notre pays, le 2 Mars 2020, nous a tous pris de court et avait fait naitre un début de panique chez nous tous. Très vite, l’Etat a opté pour la stratégie de « tranchées » contre ce virus.

 

L’expression « guerre de tranchées » désigne un affrontement durant lequel les combattants sont contraints de s’enterrer afin de se protéger du feu adverse.

 

L’ennemi que nous avons utilise la même technique et mieux, reste invisible. Il attaque par surprise et nous fait constater les dégâts dans nos rangs tous les matins. D’un soldat touché par jour, il nous a fait passer à une centaine journalière.

 

Pourtant, le commandement n’a eu de cesse de demander aux soldats de rester dans les tranchées (les maisons), mais rien n’y fit.

Chaque jour de nombreux soldats se mettent à découvert, mettant ainsi en danger tout le contingent. Même les sanctions prises contre ces soldats n’ont rien changé. Certains se cachent pour sortir des tranchées (transports clandestins) pensant pouvoir échapper à l’ennemi jusqu’à ce qu’ils le rencontrent en chemin. Hélas !

 

Pourtant, les consignes ont été bien claires : rester à la maison, se laver régulièrement les mains, éternuer ou tousser dans un mouchoir…mais nombreux sont ceux qui ne les respectent pas.

 

Dans les rangs, nous comptons malheureusement beaucoup de soldats pas du tout disciplinés. Ils n’exécutent pas les ordres et mieux, se liguent à l’ennemi pour le transporter à l’intérieur de notre contingent. Ils se mettent exclusivement au service du virus et lui permettent même d’atteindre ceux là qui sont restés dans les tranchés. Nos vétérans en meurent tous les jours sans que cela ne les émeuvent. Aujourd’hui, mêmes de vaillants soldats de 37 ans y restent.

 

Nous savons tous que gagner une guerre ne signifie pas nécessairement écraser son adversaire, mais employer des stratégies habiles et subtiles de persuasion pour lui faire comprendre que vous avez l’avantage et qu’il ne vaut mieux pas vous attaquer. Malheureusement chez nous par les agissements de soldats indisciplinés nous avons fini par perdre tout avantage sur l’ennemi : le Covid-19.

 

Sun Tzu nous apprend dans l’art de la guerre une stratégie très simple :  « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. »

 

Nous, au contraire, on ne connaît pas le virus et on ne se connaît pas nous même. Nous refusons l’introspection qui devait nous permettre de nous connaître nous même et d’affronter le coronavirus, fut-il un inconnu. Aujourd’hui, tous les spécialistes de la santé qu’ils soient virologues, parasitologues ou généralistes, sont unanimes sur le fait que le virus n’a pas encore livré tous ses secrets. La seule stratégie aurait été de compter sur nos propres forces et respecter les consignes du commandement.  

 

Ainsi, on pouvait « vaincre l’ennemi sans combattre. »

 

Cette guerre coûte de l’argent et prend d’innombrables vies. Mieux vaut être plus malin que son ennemi et le neutraliser le plus rapidement possible. Les forces et les faiblesses de l’ennemi sont cruciales pour le succès.

 

On connaît les faiblesses de ce virus ; Il est bien faible si on reste chez nous et si on respecte les mesures barrières (le port du masque, le lavage des mains…). Ce qui est bien dommage c’est que nous connaissons ses faiblesses mais refusons catégoriquement de nous y engouffrer ensemble. Tout au contraire, nous l’aidons là où il est fort : la circulation des personnes, le non respect du port du masque, le rassemblent d’individus…

Force est de reconnaître que pour le cas de notre pays, nombreux ont été les soldats qui demandaient au commandement d’abandonner la stratégie des tranchées (rester à la maison, confinement…). Leurs arguments étaient qu’ils n’auraient pas assez à manger et à boire dans ces tranchées malgré que le général ait déployé un plan pour fournir de la nourriture.

 

Pour d’autres, il fallait leur permettre de se mettre à découvert à l’heure de la prière. Chacun y est allé de sa doléance.

Aujourd’hui, notre pays s’engage dans une autre stratégie, celle de la « guerre de mouvement » qui utilisent des déplacements rapides et efficaces pour remporter une victoire. Lors du siège d'un fort, par exemple, on ne parle de guerre de mouvement que lorsque les assiégés font des sorties rapides. Nous constatons tous que le virus a fini de nous assiéger. Il nous faut avec intelligence coordonner nos mouvements avec un respect strict des mesures barrières. Nous devons tous nous « auto-obliger » le port du masque en tout lieu et en toute circonstance, respecter la distanciation physique, nous laver régulièrement les mains…

 

La guerre de mouvement n’est pas la stratégie de l’anarchie qui nous mènera inéluctablement vers l’hécatombe. C’est à nous de montrer à la face du monde la plus belle expression d’une discipline de masse. Refusons, nous mêmes dans une conscience bien citoyenne de partager les lieux publics avec des gens sans masque et de nous mettre dans des rangs sans respect de la distance de rigueur. Les pays asiatiques l’ont bien réussi.

 

N’oublions jamais que dans ce genre de guerre, le général qui a le peuple le plus loyal et le plus discipliné l’emporte.

Qu’Allah sauve le Sénégal et le monde entier.

 

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

Mardi 12 Mai 2020
Dakaractu



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