Après deux jours de silence, la Confédération africaine de football a annoncé, dimanche 12 janvier, l’ouverture de procédures disciplinaires suite aux troubles survenus lors des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025.
L’instance dirigeante du football africain a fait savoir qu’elle a collecté les rapports officiels et des séquences vidéo documentant des comportements susceptibles d’enfreindre les règlements et les principes d’éthique sportive. Ces documents concernent particulièrement deux rencontres : la victoire 2-0 du Maroc face au Cameroun le 9 janvier à Rabat, et le succès 2-0 du Nigeria contre l’Algérie le lendemain à Marrakech.
Le dossier a été confié au jury disciplinaire qui déterminera les sanctions éventuelles à l’encontre des responsables. La CAF examine également des images montrant un comportement inapproprié de certains journalistes dans la zone mixte.
Tensions autour du corps arbitral
La rencontre Cameroun-Maroc s’est achevée dans la confusion. Des membres de l’encadrement camerounais, frustrés par certains choix de l’arbitre mauritanien Dahane Beida – notamment son refus de recourir à l’assistance vidéo sur un contact impliquant Bryan Mbeumo dans la surface marocaine –, ont tenté de l’interpeller. L’officiel a nécessité une escorte de sécurité pour regagner les vestiaires.
Le lendemain, des scènes similaires se sont produites à Marrakech. À l’issue d’Algérie-Nigeria, les joueurs des Fennecs ont contesté vivement plusieurs décisions de l’arbitre sénégalais Issa Sy, notamment l’absence de penalty sifflé pour une main nigériane en première mi-temps. L’arbitre a également dû être protégé pour quitter le terrain, tandis que des altercations éclataient entre joueurs, impliquant notamment le gardien algérien Luca Zidane et les Nigérians Raphael Onyedika et Fisayo Dele-Bashiru.
Débordements en tribunes et en zone mixte
Les forces de sécurité ont dû contenir des supporters algériens qui lançaient des projectiles et tentaient d’envahir la pelouse. Plus tard, dans la zone réservée aux médias, des affrontements ont opposé des journalistes algériens et marocains, nécessitant plusieurs interventions malgré la présence de représentants de la CAF. Des comportements d’intimidation ont également été signalés.
Réaction ferme de la CAF et plainte algérienne
L’instance africaine a tenu à rappeler son intolérance absolue face aux comportements inappropriés, particulièrement lorsqu’ils ciblent les arbitres ou les organisateurs. Tout manquement aux standards de professionnalisme fera l’objet de sanctions disciplinaires, a-t-elle averti.
De son côté, la Fédération algérienne de football a publié un communiqué pour saluer le parcours de son équipe nationale, tout en exprimant son impossibilité à ignorer les décisions arbitrales controversées du match contre le Nigeria. Selon la FAF, ces décisions ont nui à la crédibilité de l’arbitrage africain et à l’image du football continental à l’échelle mondiale. La fédération algérienne a confirmé avoir déposé une plainte officielle auprès de la CAF et de la FIFA, demandant l’ouverture d’une enquête approfondie et l’application des mesures réglementaires appropriées.