La scène s'est déroulée à Sal, au Cap-Vert, ce matin. Le Dr Patrice Motsepe, président de la CAF, annonce fièrement que les 54 présidents de fédérations africaines ont signé une résolution de soutien à Gianni Infantino pour la présidentielle de la FIFA de 2027. Pour étayer ses propos, il leur demande de se lever pour acclamer l'homme fort de Zurich. Standing ovation.
Quelques minutes plus tard, l'annonce qui va avec: la subvention annuelle de la CAF aux fédérations passe de 700.000 dollars à 1 million de dollars.
Le décor est planté. Le message est clair. Et il est insultant pour l'Afrique.
Comment ne pas y voir une corruption déguisée ? Comment ne pas y voir un achat de conscience à ciel ouvert ?
Car pendant que l'Afrique applaudit debout, l'Europe, elle, a sifflé la fin de la récréation. La France, l'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège et une dizaine d'autres fédérations européennes ont purement et simplement retiré leur soutien à Infantino, suite au scandale du projet avorté de fonds d'investissement privé pour la Coupe du Monde et aux questions de gouvernance.
Quand les Européens disent "stop", les Africains doivent-ils dire "encore" ? Quand les pairs d'Infantino le lâchent pour des raisons éthiques, pourquoi l'Afrique doit-elle se coucher ?
Messieurs les Présidents, vous êtes délégataires de pouvoirs, pas propriétaires !
C'est le cœur du scandale. Un président de fédération nationale n'est pas un monarque. Il est le délégataire d'un pouvoir qui appartient au football de son pays. Il est mandaté par les clubs, par les ligues, par les acteurs locaux.
De quel droit engagez-vous le Sénégal, le Cameroun, le Maroc, la Côte d'Ivoire, le Mali, sans jamais vous référer à votre base ? De quel droit signez-vous une résolution de soutien à un candidat à la présidence de la FIFA sans un comité exécutif, sans une assemblée générale, sans consulter votre Ministère des Sports qui est votre autorité de tutelle ?
Vous avez outrepassé vos prérogatives. Vous avez confisqué la voix de tout un peuple sportif, de tout un continent pour la mettre au service d'un seul homme.
L'Afrique a d'autres priorités que d'être le réservoir de voix de Gianni Infantino.
Les vraies urgences du football africain sont ailleurs. Où est la résolution pour exiger que la CAN revienne tous les deux ans, au lieu d'être sacrifiée tous les quatre ans pour plaire à la FIFA et à l'UEFA ?
Où est la résolution pour exiger 50% des revenus de la Coupe du Monde redistribués à l'Afrique qui fournit les joueurs ?
Où est la résolution pour imposer à la FIFA la construction de vrais centres techniques aux normes dans les 54 pays, et pas seulement des chèques Forward qui servent à payer les salaires ?
Où est la résolution pour défendre nos jeunes joueurs pillés à 14 ans par des académies véreuses ?
Où est la résolution pour que les arbitres africains soient respectés et payés à la hauteur du football mondial ?
Non. Au lieu de défendre les intérêts du football africain qui a longtemps souffert, les dirigeants africains préfèrent être des moutons de Panurge. Vous préférez jouer les "bons élèves" qui lèvent la main quand le maître Motsepe le demande, espérant que le chèque de 1 million tombera.
Cette augmentation de 700.000 à 1 million de dollars n'est pas un cadeau de la CAF. C'est de l'argent de la FIFA qui revient de droit au développement. On ne vous fait pas l'aumône, on vous achète. Et à vil prix.
L'histoire nous regarde. En 2027, à Rabat, il faudra 106 voix pour être élu président de la FIFA. L'Afrique en pèse 54. Plus du quart. Si l'Afrique votait en bloc pour ses propres intérêts, elle pourrait faire et défaire un président, imposer ses conditions, exiger une vraie révolution.
Mais si l'Afrique vote en bloc comme un seul homme, debout sur ordre, les yeux fermés, en échange d'une subvention, alors nous ne sommes pas une confédération. Nous sommes un bétail électoral.
Il est temps que les Ministres des Sports, les Comités Nationaux Olympiques, les clubs et la presse de chaque pays interpellent leur président de fédération. Le football africain mérite mieux que des applaudisseurs. Il mérite des dirigeants courageux.
Il est temps de dire NON à la servitude volontaire.
Quelques minutes plus tard, l'annonce qui va avec: la subvention annuelle de la CAF aux fédérations passe de 700.000 dollars à 1 million de dollars.
Le décor est planté. Le message est clair. Et il est insultant pour l'Afrique.
Comment ne pas y voir une corruption déguisée ? Comment ne pas y voir un achat de conscience à ciel ouvert ?
Car pendant que l'Afrique applaudit debout, l'Europe, elle, a sifflé la fin de la récréation. La France, l'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège et une dizaine d'autres fédérations européennes ont purement et simplement retiré leur soutien à Infantino, suite au scandale du projet avorté de fonds d'investissement privé pour la Coupe du Monde et aux questions de gouvernance.
Quand les Européens disent "stop", les Africains doivent-ils dire "encore" ? Quand les pairs d'Infantino le lâchent pour des raisons éthiques, pourquoi l'Afrique doit-elle se coucher ?
Messieurs les Présidents, vous êtes délégataires de pouvoirs, pas propriétaires !
C'est le cœur du scandale. Un président de fédération nationale n'est pas un monarque. Il est le délégataire d'un pouvoir qui appartient au football de son pays. Il est mandaté par les clubs, par les ligues, par les acteurs locaux.
De quel droit engagez-vous le Sénégal, le Cameroun, le Maroc, la Côte d'Ivoire, le Mali, sans jamais vous référer à votre base ? De quel droit signez-vous une résolution de soutien à un candidat à la présidence de la FIFA sans un comité exécutif, sans une assemblée générale, sans consulter votre Ministère des Sports qui est votre autorité de tutelle ?
Vous avez outrepassé vos prérogatives. Vous avez confisqué la voix de tout un peuple sportif, de tout un continent pour la mettre au service d'un seul homme.
L'Afrique a d'autres priorités que d'être le réservoir de voix de Gianni Infantino.
Les vraies urgences du football africain sont ailleurs. Où est la résolution pour exiger que la CAN revienne tous les deux ans, au lieu d'être sacrifiée tous les quatre ans pour plaire à la FIFA et à l'UEFA ?
Où est la résolution pour exiger 50% des revenus de la Coupe du Monde redistribués à l'Afrique qui fournit les joueurs ?
Où est la résolution pour imposer à la FIFA la construction de vrais centres techniques aux normes dans les 54 pays, et pas seulement des chèques Forward qui servent à payer les salaires ?
Où est la résolution pour défendre nos jeunes joueurs pillés à 14 ans par des académies véreuses ?
Où est la résolution pour que les arbitres africains soient respectés et payés à la hauteur du football mondial ?
Non. Au lieu de défendre les intérêts du football africain qui a longtemps souffert, les dirigeants africains préfèrent être des moutons de Panurge. Vous préférez jouer les "bons élèves" qui lèvent la main quand le maître Motsepe le demande, espérant que le chèque de 1 million tombera.
Cette augmentation de 700.000 à 1 million de dollars n'est pas un cadeau de la CAF. C'est de l'argent de la FIFA qui revient de droit au développement. On ne vous fait pas l'aumône, on vous achète. Et à vil prix.
L'histoire nous regarde. En 2027, à Rabat, il faudra 106 voix pour être élu président de la FIFA. L'Afrique en pèse 54. Plus du quart. Si l'Afrique votait en bloc pour ses propres intérêts, elle pourrait faire et défaire un président, imposer ses conditions, exiger une vraie révolution.
Mais si l'Afrique vote en bloc comme un seul homme, debout sur ordre, les yeux fermés, en échange d'une subvention, alors nous ne sommes pas une confédération. Nous sommes un bétail électoral.
Il est temps que les Ministres des Sports, les Comités Nationaux Olympiques, les clubs et la presse de chaque pays interpellent leur président de fédération. Le football africain mérite mieux que des applaudisseurs. Il mérite des dirigeants courageux.
Il est temps de dire NON à la servitude volontaire.
Mbaye Jacques DIOP,Journaliste Sportif, Enseignant-chercheur, Expert en Gouvernance Sportive