La junte du capitaine Ibrahim Traoré avait officiellement fait part de son intention de la réintroduire dans l'arsenal juridique burkinabè en adoptant un projet de loi en ce sens en décembre dernier, c'est désormais chose faite : la peine de mort fait son retour au Burkina Faso.
Ce mardi 20 octobre, les 71 députés burkinabè ont en effet adopté à l’unanimité un nouveau code pénal qui prévoit désormais la peine capitale pour « les auteurs ou complices » d’actes en lien avec le terrorisme, l’espionnage ou la trahison, selon les termes du ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala.
Alors que le texte vise, selon lui, à renforcer l’ordre public, à protéger les personnes et les biens mais aussi à lutter contre la criminalité économique et financière dans le pays, les auteurs ou complices d’importation de produits périmés ou prohibés qui entraineraient la mort risqueront eux aussi une telle sanction.
Et le nouveau code ne s'arrête pas là : celui-ci prévoit aussi des durcissements de peines pour plusieurs délits. Une personne reconnue coupable de détournement de fonds publics - à hauteur d’un certain montant qui n'a pas été rendu public - encourra par exemple « la prison à vie » ainsi qu'une amende équivalente au « triple du montant détourné ». Le nouveau texte prévoit d'ailleurs une augmentation drastique des amendes pour tous les types de crimes et délits.
Alors qu'il renforce aussi les sanctions en matière de sécurité routière, celui-ci réaffirme en outre la pénalisation de l’homosexualité et des pratiques qui y sont assimilées et crée de nouvelles infractions en lien avec les technologies de l’information et la communication.
La peine de mort avait été retirée du code pénal burkinabè en 2018 alors que le pays demandait l’extradition de François Compaoré, le frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré, pour son implication présumée dans l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en décembre 1998.