Bracelet électronique, rapport médical, contestations : les dessous d’une bataille judiciaire à rebondissements après 1 an 20 jours de détention de Maodo Malick Mbaye

Après un an et vingt jours de détention, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (Anamo), a recouvré la liberté sous bracelet électronique. Selon L’Observateur, cette remise en liberté intervient au terme d’une bataille judiciaire nourrie de requêtes, de contestations sur le fond du dossier et d’un rapport médical ayant notamment mis en évidence des troubles de santé difficilement compatibles avec une détention en milieu carcéral.


Après un an et vingt jours passés derrière les barreaux, Maodo Malick Mbaye a finalement quitté la prison. L’ancien directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) a bénéficié, mardi 11 août 2026, d’une liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique, rapporte L’Observateur.
 
Cette décision met, au moins provisoirement, un terme à une séquence judiciaire particulièrement mouvementée. Placé sous mandat de dépôt , Maodo Malick Mbaye avait auparavant été inculpé dans le cadre d’une procédure conduite par le Pool judiciaire financier (PJF). Selon le quotidien, l’ancien patron de l’Anamo était poursuivi notamment à la suite d’accusations relatives à des marchés présentés comme fictifs et à un détournement présumé de deniers publics.
 
Dès le début de la procédure, sa défense avait multiplié les démarches pour obtenir sa remise en liberté. Une première demande avait été introduite aussitôt après son placement en détention. Le parquet avait toutefois requis le rejet de cette requête, avant qu’une nouvelle bataille procédurale ne s’engage.
 
L’un des points particulièrement disputés concernait les conditions d’une éventuelle libération. L’Observateur rapporte qu’une perspective avait été évoquée : celle d’une remise en liberté avec port d’un bracelet électronique. Les conseils de l’ancien directeur général de l’Anamo avaient alors déployé leur argumentaire pour convaincre le juge d’instruction.
 
Au fond, Maodo Malick Mbaye a constamment nié les accusations portées contre lui. Sa défense insiste notamment sur sa position selon laquelle il n’aurait détourné aucun franc. Oumar Ndiaye, présenté comme l’un de ses avocats, soutient que les éléments disponibles dans le dossier permettraient de contester les accusations liées aux marchés fictifs et au détournement présumé de fonds publics.
 
La défense s’est notamment appuyée sur une pièce qu’elle considère comme déterminante : un document relatif aux comptes de l’exercice 2023, période visée par l’enquête. Selon L’Observateur, les conseils de Maodo Malick Mbaye affirment que cette pièce, produite notamment par l’Agent comptable, apporterait des éléments susceptibles de remettre en cause les soupçons formulés contre leur client.
 
Les avocats font également valoir que la Cour des comptes aurait validé définitivement les comptes de gestion des comptables publics. Ils estiment ainsi qu’aucune irrégularité n’aurait été établie dans les comptes concernés et dénoncent ce qu’ils considèrent comme des « incongruités » dans le dossier.
 
Un autre élément a alimenté l’argumentaire de la défense : un rapport émanant d’un corps de contrôle. Selon les conseils de l’ancien responsable de l’Anamo, le dossier aurait continué à intégrer certains éléments alors même qu’un rapport de contrôle n’aurait pas visé Maodo Malick Mbaye sur plusieurs des griefs retenus contre lui.
 
L’affaire couvre une période comprise entre août et novembre 2024. D’après le journal, plusieurs opérations et documents ont été examinés par les enquêteurs dans le cadre de la procédure.
 
Mais au fil de la détention, un autre volet s’est imposé : celui de l’état de santé du prévenu. Dès le 4 août 2025 — la date étant ainsi mentionnée dans le texte de L’Observateur — la question médicale aurait été soulevée. Le médecin militaire ainsi que le chef de l’administration pénitentiaire avaient attiré l’attention sur son état.
 
Selon le quotidien, une expertise médicale a ensuite été versée au dossier. Ses conclusions faisaient notamment état de troubles susceptibles de rendre difficilement compatible une détention prolongée en milieu carcéral. Il aurait ainsi été recommandé un suivi spécialisé et pluridisciplinaire portant notamment sur plusieurs pathologies diagnostiquées, parmi lesquelles des troubles du sommeil et une neuropathie. L’article évoque également l’ostéonécrose des têtes fémorales ainsi qu’un adénome prostatique.
 
Le pavillon spécial chargé de la prise en charge des détenus nécessitant des soins médicaux aurait également produit des observations allant dans le même sens. La situation médicale de l’ancien directeur général était présentée comme nécessitant une surveillance et une prise en charge appropriées.
 
Ces considérations sanitaires, ajoutées aux arguments développés par ses avocats sur le fond du dossier, ont finalement accompagné la décision de remise en liberté.
 
Mardi 11 août, Maodo Malick Mbaye a ainsi retrouvé l’air libre, mais sous contrôle judiciaire et avec un bracelet électronique. Une libération encadrée qui ne signifie donc pas la fin de la procédure.
 
L’ancien directeur général de l’Anamo reste concerné par le dossier pendant que ses conseils poursuivent leur bataille judiciaire, avec l’objectif affiché d’obtenir, à terme, une issue favorable sur le fond.
Mercredi 12 Aout 2026
Dakaractu