Boubacar Camara sur les revendications syndicales dans le MESRI: « Elles sont légales, légitimes et raisonnables »


Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Boubacar Camara, a affirmé lors du point de presse du gouvernement que les deux principales revendications des syndicats de son secteur sont « légales, légitimes et raisonnables ». Elles portent sur la généralisation de l'indemnité de logement et sur les décrets d'application de la loi d'orientation de l'enseignement supérieur professionnel. Boubacar Camara a d'abord rappelé qu'il reçoit les syndicats chaque lundi à 17 heures, après avoir abandonné le créneau du vendredi à 11 heures, jugé trop proche de l'heure de la prière. Il a précisé que la porte reste ouverte à tous les responsables et associations.

 

Sur l'indemnité de logement, Boubacar Camara a expliqué que la mesure instituée par le chef de l'État visait les agents qui dépendent directement de l'État, et qu'elle ne s'applique donc qu'à ce périmètre. Les syndicats demandent son extension aux agents recrutés dans d'autres structures, notamment les universités. Selon lui, la discussion avait débuté avant son arrivée, et l'évaluation financière situe l'incidence autour de 10 milliards de FCFA pour l'ensemble du personnel administratif, technique et de service.

 

Le ministre estime que la question se pose moins sur le plan juridique que sur celui du financement. « Même si vous prenez un nouveau texte sans solution de financement, vous allez signer un protocole qui ne sera pas mis en œuvre », a-t-il averti. Les établissements ont été sollicités pour fournir leurs simulations et leurs capacités de financement. Si ces ressources couvrent la demande, il n'y aura pas de difficulté ; dans le cas contraire, le ministère des Finances sera saisi. Les chiffres sont attendus à la suite de la dernière réunion de coordination, tenue jeudi. Il a salué la souplesse des syndicats, qui n'excluent pas une mise en œuvre progressive, et a assuré que ce n'est pas un point d'achoppement, mais « un problème de temps ».

 

Le second point concerne l'enseignement supérieur professionnel, dispositif mis en place depuis plus d'une dizaine d'années pour offrir des formations rapides intégrées au secteur privé. La loi d'orientation n'a été promulguée qu'en janvier 2024, et quatre décrets restent nécessaires pour la compléter : sur l'organisation et le fonctionnement des établissements, le statut des enseignants, celui du personnel administratif, technique et de service, et l'organisation des diplômes. Ces textes ont été transmis aux services de l'État, qui ont formulé leurs observations, intégrées avant un nouvel envoi.

 

Le ministre reconnaît toutefois que le processus a été long et juge « tout à fait normal » que les syndicats se mobilisent dans ces conditions. Il assure que le gouvernement reste engagé à faire aboutir ces dossiers.

Lundi 19 Octobre 2026
Dakaractu