Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à présenter son bilan dans les prochains jours, le ministre de l’Environnement et membre de la coalition Diomaye Président, Dr Abdourahmane Diouf, alerte pour recadrer le débat institutionnel et mettre en garde contre « une dangereuse confusion des rôles au sommet de l’État. »
Pour le ministre de l’environnement et de la transition écologique, la ligne de partage des responsabilités est pourtant claire dans les textes. « C’est le président de la République qui détermine la politique de la nation et c’est le Premier ministre qui conduit et coordonne cette politique », a-t-il rappelé en survolant les dispositions constitutionnelles qui régissent l’architecture du pouvoir exécutif sénégalais.
Ce qui irrite Dr Abdourahmane Diouf, c’est la tendance de certains acteurs politiques à opérer une sélection commode dans l’attribution des succès et des échecs. Selon lui, une rhétorique s’est installée dans le débat public consistant à créditer le Premier ministre des avancées enregistrées, tout en imputant au président Bassirou Diomaye Faye les difficultés ou les lenteurs. Il cite en exemple les critiques adressées au chef de l’État sur la gestion de la justice, où certains l’accusent de bloquer des dossiers, alors que dans le même temps, la renégociation des contrats pétroliers et gaziers présentée comme un acquis est portée au seul crédit du Premier ministre.
Pour le membre de la coalition Diomaye Président, cette lecture biaisée de la réalité gouvernementale n’est pas anodine. Elle génère, selon ses mots, « une illusion de dualité ou même une réalité de double allégeance ». Ce qui constitue un avertissement adressé à ceux qui, au sein ou aux marges de la mouvance présidentielle, seraient tentés d’alimenter une rivalité entre les deux têtes de l’exécutif.