Benoit Sambou ministre de l’Agriculture: «Il faut rendre nos produits compétitifs»


Le ministre de l’Agriculture dans cet entretien aborde plusieurs questions relatives à son
département. Il est aussi revenu sur la victoire de sa coalition aux législatives mais aussi de ses
rapports avec le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé qui est son adversaire politique dans cette
région. Entretien

Monsieur le ministre parlez nous de votre victoire aux législatives

Je remercie tout d’abord le bon Dieu. Les sénégalais ont eu confiance en notre coalition et ont donné
au président Macky Sall la majorité. Revenant sur cette victoire à Ziguinchor cela n’est pas une
surprise même si la génération du concret était très présente là-bas, elle ne faisait pas l’unanimité.
Notre démarche a consisté à être sur le terrain. Parler avec les gens en mobilisant les jeunes et les
femmes de la localité. Ce sont des personnes qui nous ont accompagnés non pas pour de l’argent
mais par conviction. Nous avons beaucoup bossé pour en arriver là en cultivant le leadership
pluriel. Chez nous, chaque militant est un responsable. Les situations changent mais les hommes ne
changent pas.

Pourtant il y a Abdoulaye Baldé

Je le respecte beaucoup. Je n’ai pas de problème personnel avec lui, mais il faut donner aux
populations les éléments qui les permettent de choisir leurs dirigeants. Je les ai critiqués avec la mise
en place de la génération du concret car ils ont voulu faire de la Casamance un laboratoire de la GC.
Cela a considérablement retardé la région de Casamance et aucun d’entre eux n’a su en faire profiter
à cette zone. Il fallait être en accord avec eux ou être leur ennemi. Personnellement je l’ai rencontré
à Marrakech et je lui ai dit que nous voulons travailler avec lui pour développer Ziguinchor et en ce
moment j’étais conseiller technique de Khalifa Sall à la mairie de Dakar. Mais il n’a jamais répondu à
notre appel et il se glorifie d’avoir beaucoup fait pour Ziguinchor. Tous les projets dans cette localité
ont été mis en place par l’ancien maire Robert Sagna. Ils ont oubli é que ce sont les populations qui
les ont porté à la tète de la région et ils n’ont pas gagné la confiance des ziguinchorois. Ces derniers
ont porté leur choix sur le président Macky Sall. C’est ce qui nous a permis de gagner.

On peut s’attendre un jour à ce que vous vous présentiez pour diriger la mairie ?

On procède par étape. En 2009 notre objectif était de nous débarrasser des élus du Pds, en 2012 il
s’est agit de faire quitter Wade et pour les législatives les battre dans la région. Nous avons donné
à Ziguinchor une nouvelle classe politique avec cette large victoire. Il nous reste la conquête des
collectivités locales et comme je dis ce n’est pas une affaire de candidature. Il s’agit de construire des
équipes et voir comment aider les populations. Maintenant quand il s’agira de choisir un maire pour
représenter dignement les populations, nous allons le confier à une personne qui pourra répondre à
nos attentes.

Vous êtes ministre de l’agriculture. Comment percevez-vous les problèmes soulevés par les
cultivateurs en ce qui concerne les semences ?

Nous avons besoin d’entendre les gens évoquer les questions qui les préoccupent. Le Sénégal fut l’un
des premiers producteurs d’arachide mais maintenant nous n’avons même pas trois mille tonnes
d’arachide. J’ai convoqué les opérateurs et les organisations des producteurs. Nous sommes tombés
d’accord sur le fait que la qualité de l’arachide n’était pas la bonne ou encore nous n’avions pas le
grain recherché. Je leur ai dit qu’il deux choix à faire à savoir aller en campagne avec ce que j’ai
trouvé ici ou bien ne pas aller en campagne. Nous avons décidé d’aller en campagne.

Vous reconnaissez que l’arachide n’est pas de bonne qualité ?

J’ai pris mes fonctions au mois de mai et je ne pouvais pas faire une bonne campagne en juin. Nous
avons reconduit le même système qu’on a trouvé ici. C’est avec cette arachide que les agriculteurs
ont fait les campagnes des années passées.Benoit Sambou ministre de l’Agriculture « Il faut rendre nos produits compétitifs »

Le ministre de l’Agriculture dans cet entretien aborde plusieurs questions relatives à son
département. Il est aussi revenu sur la victoire de sa coalition aux législatives mais aussi de ses
rapports avec le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé qui est son adversaire politique dans cette
région. Entretien

Monsieur le ministre parlez nous de votre victoire aux législatives

Je remercie tout d’abord le bon Dieu. Les sénégalais ont eu confiance en notre coalition et ont donné
au président Macky Sall la majorité. Revenant sur cette victoire à Ziguinchor cela n’est pas une
surprise même si la génération du concret était très présente là-bas, elle ne faisait pas l’unanimité.
Notre démarche a consisté à être sur le terrain. Parler avec les gens en mobilisant les jeunes et les
femmes de la localité. Ce sont des personnes qui nous ont accompagnés non pas pour de l’argent
mais par conviction. Nous avons beaucoup bossé pour en arriver là en cultivant le leadership
pluriel. Chez nous, chaque militant est un responsable. Les situations changent mais les hommes ne
changent pas.

Pourtant il y a Abdoulaye Baldé

Je le respecte beaucoup. Je n’ai pas de problème personnel avec lui, mais il faut donner aux
populations les éléments qui les permettent de choisir leurs dirigeants. Je les ai critiqués avec la mise
en place de la génération du concret car ils ont voulu faire de la Casamance un laboratoire de la GC.
Cela a considérablement retardé la région de Casamance et aucun d’entre eux n’a su en faire profiter
à cette zone. Il fallait être en accord avec eux ou être leur ennemi. Personnellement je l’ai rencontré
à Marrakech et je lui ai dit que nous voulons travailler avec lui pour développer Ziguinchor et en ce
moment j’étais conseiller technique de Khalifa Sall à la mairie de Dakar. Mais il n’a jamais répondu à
notre appel et il se glorifie d’avoir beaucoup fait pour Ziguinchor. Tous les projets dans cette localité
ont été mis en place par l’ancien maire Robert Sagna. Ils ont oubli é que ce sont les populations qui
les ont porté à la tète de la région et ils n’ont pas gagné la confiance des ziguinchorois. Ces derniers
ont porté leur choix sur le président Macky Sall. C’est ce qui nous a permis de gagner.

On peut s’attendre un jour à ce que vous vous présentiez pour diriger la mairie ?

On procède par étape. En 2009 notre objectif était de nous débarrasser des élus du Pds, en 2012 il
s’est agit de faire quitter Wade et pour les législatives les battre dans la région. Nous avons donné
à Ziguinchor une nouvelle classe politique avec cette large victoire. Il nous reste la conquête des
collectivités locales et comme je dis ce n’est pas une affaire de candidature. Il s’agit de construire des
équipes et voir comment aider les populations. Maintenant quand il s’agira de choisir un maire pour
représenter dignement les populations, nous allons le confier à une personne qui pourra répondre à
nos attentes.

Vous êtes ministre de l’agriculture. Comment percevez-vous les problèmes soulevés par les
cultivateurs en ce qui concerne les semences ?

Nous avons besoin d’entendre les gens évoquer les questions qui les préoccupent. Le Sénégal fut l’un
des premiers producteurs d’arachide mais maintenant nous n’avons même pas trois mille tonnes
d’arachide. J’ai convoqué les opérateurs et les organisations des producteurs. Nous sommes tombés

d’accord sur le fait que la qualité de l’arachide n’était pas la bonne ou encore nous n’avions pas le
grain recherché. Je leur ai dit qu’il deux choix à faire à savoir aller en campagne avec ce que j’ai
trouvé ici ou bien ne pas aller en campagne. Nous avons décidé d’aller en campagne.

Vous reconnaissez que l’arachide n’est pas de bonne qualité ?

J’ai pris mes fonctions au mois de mai et je ne pouvais pas faire une bonne campagne en juin. Nous
avons reconduit le même système qu’on a trouvé ici. C’est avec cette arachide que les agriculteurs
ont fait les campagnes des années passées. Notre gouvernement est parti en campagne agricole
avec 7200 tonnes de semences céréalières et 47000 tonnes d’arachides ce qui fait 16 milliards pour
appuyer le monde rural. A notre arrivée nous voulions donner 70 000 tonnes mais le système qu’on
a trouvé ici a toujours été là. Le cultivateur au lieu de garder sa production, le remet à un opérateur
et ce dernier l’achète à moindre prix pour spéculer en face de l’Etat. C’est ce qui n’est pas normal et
doit disparaitre. Pour l’engrais nous avons dépensé 18 milliards et la distribution a démarré. L’Etat a
fait beaucoup d’efforts pour en arriver là, il faut que les gens se mettent au travail.

Et la GOANA dans tout ça ?

Vous savez moi je ne suis pas dans cette politique, venir faire des spéculations, faire des récoltes
extraordinaires qui n’auront par la suite aucune utilité. Les programmes niébé, bissap, manioc
entre autre n’ont servi à rien, c’est des effets d’annonce et cela a coïncidé avec une bonne récolte
et ils l’ont imputé à la GOANA. Nous voulons mettre en place une politique agricole qui va perdurer
et qui va nous permettre d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour assurer une sécurité
alimentaire aux sénégalais. Il faut d’abord produire ce que les sénégalais consomment, ensuite revoir
les démarches. La maitrise de l’eau doit aussi être évoquée car on ne peut pas concevoir qu’un pays
comme le Sénégal qui regorge d’eau ne pratique l’agriculture que pendant l’hivernage. On doit aussi
encourager la recherche et la formation pour accompagner les institutions de recherche comme
l’ISRA qui abattent un travail extraordinaire.

Vous parlez de l’ISRA mais les agriculteurs semblent ne pas le connaitre.

Pourtant ils le connaissent mais c’est que nous n’allons pas à la campagne. Depuis que je suis à la
tête du département je sillonne les zones rurales mais je vois que les agents de l’ISRA travaillent dans
des conditions difficiles. C’est de véritables patriotes qui ont l’amour de leur pays que je rencontre
sur le terrain. Ils sont en contact avec les populations et créent beaucoup de variétés de cultures
et de semences, même la station de l’ISRA à Djibalor en Casamance est cultivée par les populations
riveraines. Nous devons les encourager pour que leur travail soit au vu et au su de tout le monde.
ISRA Sénégal a gagné un prix international de la recherche mais personne n’est au courant. Ce sont
des éléments importants à qui nous devons du respect et nous allons tout faire pour les appuyer
pour le développement de notre politique agricole.

Le riz occupe une place importante dans la vie des sénégalais. Nous en importons beaucoup alors
qu’il y a le riz de vallée. Qu’est-ce qu’il faut pour encourager sa consommation ?

Il reste beaucoup de choses à faire car nous sommes entre 25 000 et 30 000 hectares cultivés et
pourtant la SAED a aménagé 70 000 hectares pour la production du riz Padi. Pour régler le problème
de la consommation en riz, il nous faut 250 000 hectares. Nous devons aussi convaincre les privés
pour qu’ils aillent dans les zones de production mais il faut les accompagner en poussant les banques

pour qu’elles appuient ces secteurs. Cela va permettre de produire du riz dans tout le pays. C’est
à nous de vulgariser le riz local pour qu’il soit utilisé par les sénégalais. Si on respecte ce qui est
introduit dans la chaine de valeur à savoir la production, la transformation et la commercialisation le
riz de la vallée va être de plus en plus connu. C’est en rendant nos produits compétitifs qu’on pourra
concurrencer les autres produits. Mais à côté des producteurs, il faut des unités de transformation
pour avoir une bonne qualité. Ce qui va permettre à notre riz d’être compétitif. MAMADOU NDOYE BANE
Mardi 10 Juillet 2012
MAMADOU NDOYE BANE