Bataille institutionnelle entre l’exécutif et le législatif : Amadou Bâ appelle les deux parties à un compromis…


Le député Amadou Ba lance un « appel à la responsabilité nationale » face aux divergences autour de l'adoption de la loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 et à leurs possibles prolongements sur le prochain exercice budgétaire. Dans un texte signé en sa qualité de député à l'Assemblée nationale, ancien Premier ministre et ancien ministre des Finances, il met en garde contre un « risque d'impasse » dont, selon lui, nul ne saurait sous-estimer les conséquences. « Le désaccord est consubstantiel à la démocratie. Mais il ne doit jamais se muer en paralysie de l'État », écrit-il. Il rappelle que le pays mène des discussions décisives avec le Fonds monétaire international (FMI) et ses créanciers, et plaide pour la préservation de la cohérence des choix budgétaires, de la confiance des partenaires et de la stabilité de l'économie.
 
L'ancien Premier ministre insiste sur l'enjeu immédiat : sans adoption de la LFR, près de 540 milliards de francs CFA de subventions énergétiques risqueraient de rester sans crédits budgétaires suffisants. Selon lui, il ne s'agirait pas d'une économie pour l'État, mais d'un risque d'impayés, d'accumulation d'arriérés et, à terme, d'alourdissement du coût de la dette. Il estime qu'un compromis doit être trouvé avant la fin de l'exercice budgétaire. Amadou Ba juge légitimes les préoccupations relatives au pouvoir d'achat, aux dépenses sociales, à l'investissement et aux subventions énergétiques. Mais, soutient-il, la discipline budgétaire et la justice sociale ne sauraient être opposées, la responsabilité de gouverner consistant précisément à les concilier.
 
Il appelle ainsi le président de la République, le gouvernement et la représentation nationale à engager sans délai une concertation institutionnelle afin de dégager un compromis sur les orientations budgétaires essentielles, dans le respect des prérogatives de chaque institution, de l'État de droit et de l'autorité des décisions de justice.
 
Rappelant avoir préconisé, lors du dialogue national, la tenue d'Assises sur l'économie, il considère que les circonstances actuelles confortent la pertinence de cette démarche. Fort de son expérience à la Primature et aux Finances, il affirme que « l'incertitude a un coût, l'inaction en a un autre », et que ce sont toujours les populations qui en acquittent le prix. « L'heure n'est pas à l'épreuve de force, mais à l'épreuve de responsabilité », conclut-il, estimant que « l'intérêt supérieur de la Nation ne se négocie pas ».
Mardi 20 Octobre 2026
Dakaractu