La situation est explosive à Bambilor. Ce mercredi 25 mars 2026, la grande marche pacifique annoncée par les populations n’a finalement pas eu lieu. En cause : une interdiction de dernière minute des autorités administratives. Mais loin d’apaiser les esprits, cette décision a mis le feu aux poudres.
Car pendant que les habitants étaient empêchés de marcher pour faire entendre leur voix, les bulldozers, eux, ont poursuivi leur avancée. Selon plusieurs témoignages concordants, des opérations de démolition ont été menées en fin de journée, sous supervision préfectorale, ravivant la colère et le sentiment d’injustice.
À l’origine de cette mobilisation avortée : une série de griefs lourds. Les populations dénoncent une « spoliation foncière à grande échelle », des « démolitions arbitraires attribuées à la Caisse de Sécurité sociale » et surtout une menace imminente sur près de 255 hectares pourtant habités.
Face à ce qu’elles qualifient de « passage en force », les victimes ont organisé un point de presse d’urgence au quartier Xar Yalla. Le ton y était grave, mais déterminé. Dans une déclaration sans détour, elles annoncent le lancement d’une pétition pour exiger le départ immédiat du Préfet, accusé d’être au cœur du dispositif de démolition, aussi bien à Bambilor qu’à Tivaouane Peulh.
Les accusations vont encore plus loin. Les populations parlent d’« abus de pouvoir » et réclament l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur de « graves soupçons de corruption et de collusion d’intérêts entre la Préfecture, la Caisse de Sécurité sociale et la SIPRES ».
Dans cette montée de tension, les habitants interpellent directement les plus hautes autorités de l’État, rappelant une déclaration forte du Premier ministre : « Aucun Sénégalais ne doit être délogé pour en reloger un autre. » Une phrase devenue aujourd’hui un symbole de contradiction pour ces familles menacées d’expulsion.
Mais à Bambilor, une chose est désormais claire : la peur a changé de camp. Dans un climat électrique, les populations affichent une détermination sans équivoque :
« Nous ne reculerons pas devant la destruction de nos vies et de nos biens. »
Un bras de fer est engagé. Et il ne fait que commencer.