Le bras de fer entre l’État et les commerçants est loin de connaître son épilogue. En effet, le gouvernement avait pris la décision de baisser certains prix des denrées alimentaires. Une décision qui n'a pas été suivie par bon nombre de commerçants. Selon Mame Thierno Diop, le chargé des halls et marchés de l'Association des Commerçants du Sénégal joint par téléphone, les mesures prises par le gouvernement ont été précipitées." Les commerçants veulent baisser les prix, mais il y a une certaine précipitation. Et en ce qui concerne les détaillants, ils ont un stock à écouler avant d'appliquer les nouveaux prix", a-t-il expliqué.
Il estime qu'il faut créer un comité de suivi qui va suivre les prix surtout en ce qui concerne les prix à l'import. "L'oignon et la pomme de terre vont poser un problème, car il y a une petite augmentation du prix à l'import et cette hausse va se répercuter sur le prix de revient", a-t-il fait savoir.
Cependant, M. Diop mentionne que les commerçants craignent une pénurie de certains produits comme le riz, le sucre et l'oignon. Ce qui le pousse à dire qu'il ne fallait pas faire un forcing en baissant les prix sans une large concertation avec les acteurs. Ainsi, il laisse entendre que si l’État continue à traquer les commerçants, il y aura une pénurie sur certains produits.
Concernant l'implantation des boutiques témoins, le chargé des halles et marchés de l'ACIS pense que cette décision n'est pas du rôle de l’État. "On l'avait fait, mais cette décision a été vouée à l'échec. Toutes les boutiques de référence ont fermé. Le métier du commerçant est de vendre des produits, mais ils ne peuvent pas vendre à perte", souligne-t-il.
Mame Thierno Diop lance un appel à l’État de continuer le dialogue et de créer des comités de dialogue, d'effectuer des réunions hebdomadaires. Au terme de son entretien, il invite ses camarades commerçants de faire tout leur possible pour soulager les populations qui vivent des moments difficiles.