BARA TOURÉ (Présumé meurtrier de ses 2 garçons): « Une somme de déceptions qui a amené un mareyeur à sombrer... D'un bel avenir à une descente aux enfers »

(1ère partie)
Âgé entre 42 et 43 ans, rien chez Bara Touré ne pouvait laisser présager la déchéance ... cette tournure regrettable que risque de prendre sa vie. Mareyeur de son état, époux de trois dames, dont l'une héritée de son grand frère cruellement mort dans un accident, Bara Touré est aussi le père des deux enfants égorgés le 27 septembre dernier à Touba. Baye Daour Touré (et non Daouda) et Serigne Mbacké Madina étaient âgés de 2 et de 7 ans ( et non 4 comme annoncé partout). Cette enquête sur l'homme nous révèle la trajectoire d'un "door katu waar" hors-pair qui est présentement entre les mains de la Division des Investigations Criminelles qui le soupçonne de meurtre avec préméditation.


Enfance tranquille à Touba

 

Originaire d'un village non loin de Touba, Pofdi en l'occurrence, Bara Touré est fils d'un papa (Baye Daour Touré) profondément spirituel qui l'a très tôt initié à l'apprentissage du Coran. Le fait qu'il bégayait ne l'empêchait pas de réciter ses versets coraniques tous les soirs.

 

"Demandez-lui n'importe quel verset, il vous le récitera sans hésiter. Je peux donner ma main à couper. Que les enquêteurs le lui demandent, ils seront étonnés", souffle désespérément à l'oreille de Dakaractu-Touba, un de ses amis, les larmes aux yeux.

 

Autant dire qu'il a grandi dans un daara, la maison familiale ayant accueilli des ndongos-daaras, même si ce fut en un nombre limité.  Bara, comme ses frères Youssou, Ndiaga, Ibou etc... n'a jamais fréquenté l'école française.

 

De doker à mareyeur 

 

À l'âge de 15 ans, l'aîné de la famille, Youssou, acheta une maison entre Ndiéné et Khayra, dans la cité religieuse de Touba. La famille migra. Il commençait à accompagner son frère au marché au poisson. Très petit et très chétif (il l'est toujours d'ailleurs), Bara Touré devenait d'abord portefaix. Malgré la maigreur de ses muscles, il devait assurer ce métier de manutention pendant plusieurs années. De fil en aiguille, il tissa sa toile dans le marché et entre les paniers de poisson il devint mareyeur. Très vite, il se fit de l'argent et se lança dans le business. Loin de suivre la tendance des jeunes de son âge, il se maria tôt avant de se lancer dans l'embouche bovine de race. Sa vie se résumait finalement à deux activités : vendre du poisson et élever ses bœufs de race.

 

C'est alors qu'il devait acheter un terrain non loin de Darou Rahmane à une cinquantaine de mètres de Ndiaga, son frère de même mère et de même père. Il épousa une deuxième femme et se consacrait tranquillement à gérer sa petite famille. Mais subitement, devait commercer pour lui une descente aux enfers. Les événements malheureux devaient se succéder.

 

Le décès de son frère et de sa première épouse 

 

L'on dit souvent que perdre un être cher, c'est perdre la moitié de sa vie. Bara Touré a connu une succession d’événements malheureux. 

 

En effet, c'est d'abord Youssou Touré qui devait le quitter. Ce dernier était parti à Dakar pour ne plus revenir. Il était allé acheter un moteur pour son véhicule et sur le tronçon Dakar-Touba un violent accident est survenu. " Je me rappelle que Bara était inconsolable. Il pleurait tout le temps. Et jusqu'à aujourd'hui, il continue de pleurer ce frère qui a tout fait pour lui et qui lui a surtout donné l'amour du travail ", nous souffle encore son ami. Décidé à rendre la pièce de la monnaie à celui qui fut pour lui un bienfaiteur, il s'engagea à hériter de son épouse afin de l'aider à vivre décemment. 

 

Non content de vivre ce cauchemar, Bara perdait sa première épouse. Madame accouchait... "Depuis ce jour, il n'est plus le même. Bara a changé. Non, il n'était pas devenu fou ou dépressif. Il était cependant devenu évasif. Il n’était plus la même personne", répétera un de ses voisins.

 

La perte de l'essentiel de ses biens

 

Bara Touré n'était vraisemblablement plus la même personne. Alors qu'il continuait tant que bien que de mal de se refaire une vie, le jeune père de famille allait être confronté à des événements douloureux. D'abord ce furent des braquages (deux au total) à l'occasion  desquels plusieurs de ses appareils électroniques étaient emportées. Ensuite ce fut autour de ces boeufs de périr un par un.

 

Déboussolé, ses économies devaient atterrir entre les mains des charlatans qui lui promettront monts et merveilles. 

 

LES CHARLATANS... L'une de ses dernières véritables fréquentations !

Mercredi 13 Mai 2020
Dakaractu




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