Emmanuel Macron est arrivé à Nairobi, au Kenya, ce dimanche après-midi, à l’occasion du sommet Africa Forward qui se tiendra les 11 et 12 mai prochain, pour repenser le partenariat entre la France et le continent africain.
À son arrivée, il s’est rendu directement à la State House, le palais présidentiel kényan, pour une rencontre bilatérale avec son homologue kényan, William Ruto. Les deux ont pris la parole devant la presse. Interrogé sur la tenue du sommet dans un pays anglophone pour la première fois, le président Emmanuel Macron a affirmé vouloir regarder l’Afrique comme « un tout ».
« Une relation apaisée, constructive, avec l’Algérie »
Emmanuel Macron a exprimé l’espoir que la récente visite de sa ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, en Algérie marque « le début » d’une « reprise » des relations entre les deux pays. Il a vivement critiqué les « postures de politique intérieure » des derniers mois, qui, selon lui, ont « causé beaucoup de tort » à la France comme à l’Algérie.
Lors de cette visite, Alice Rufo et le président algérien Abdelmadjid Tebboune ont établi une feuille de route visant à « intensifier » leur coopération, notamment dans les domaines sécuritaire et militaire. Cette initiative intervient après près de deux ans de profonde crise diplomatique entre les deux pays.
« Les derniers mois ont causé beaucoup de tort et à l’Algérie et à la France », a insisté Emmanuel Macron, ajoutant qu’il n’était pas dans l’intérêt des deux pays de « poursuivre cette solution » ou de maintenir « quelque posture de politique intérieure ». « Mon souhait, c’est d’agir avec pragmatisme » pour parvenir à des « solutions responsables avec l’Algérie », a-t-il affirmé, qu’il s’agisse de questions « humanitaires, migratoires, sécuritaires, mais aussi économiques ou régionales ».
La France n'a « jamais envisagé » un « déploiement » dans le détroit d'Ormuz
Interrogé sur l'envoi du porte-avions Charles-De-Gaulle au Moyen-Orient dans le contexte de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, le président français a assuré que son pays n'avait « jamais envisagé » un « déploiement » militaire naval dans le détroit d'Ormuz, mais une mission de sécurisation « concertée avec l'Iran ».
Le président français a martelé qu’il s’en tenait à « cette position » : s’opposer à « tout blocus d’où qu’il vienne », qu’il soit américain ou iranien, et « refuser quelque péage d’où qu’il vienne », afin de « permettre la liberté de navigation ».
Il répondait ainsi à l’Iran, qui avait menacé dimanche d’une « réponse décisive et immédiate » en cas de déploiements français et britanniques dans le détroit d’Ormuz. Cette menace faisait suite à l’annonce par Paris et Londres de l’envoi de bâtiments militaires dans la région.
« Il n’a jamais été question d’un déploiement, mais on se tient prêt », a insisté Emmanuel Macron. Il a précisé : « Nous avons bâti une mission ad hoc, copilotée avec les Britanniques, qui a rassemblé 50 pays et organisations internationales. L’objectif est de permettre, de manière concertée avec l’Iran et en déconflictant avec tous les pays de la région et les États-Unis, d’assurer dès que les conditions le permettront la reprise du trafic maritime ». Cette mission vise notamment à faciliter l’acheminement des engrais, de la nourriture et des hydrocarbures.