L’État islamique au Sahel a publié des vidéos détaillées de son attaque contre la base aérienne 101 de Niamey, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier. Des images qui semblent contredire le discours officiel nigérien et soulèvent des questions sur les accusations portées contre trois pays voisins.
Via son agence Amaq, l’État islamique a officiellement revendiqué l’opération et diffusé des vidéos montrant la destruction d’un hélicoptère Mi-171Sh, d’un avion d’attaque TAI Hurkus et d’un avion de surveillance Diamond DA42. Les images révèlent une attaque ayant duré près de deux heures, menée par des dizaines de combattants qui affirment avoir rencontré « peu de résistance ».
Face à cet échec sécuritaire, le général Abdourahamane Tiani a accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir parrainé les assaillants. Aucune preuve n’a été fournie pour étayer ces allégations. D’ailleurs, les trois pays ont fermement démenti. Le Bénin a qualifié les accusations de « pas très crédibles » et visant à distraire l’opinion publique. La Côte d’Ivoire a convoqué l’ambassadeur nigérien pour protester contre ces « accusations graves et infondées » et la France n’a pas répondu.
Un groupe terroriste qui assume
L’État islamique au Sahel, responsable de centaines de morts dans la région ces derniers mois, affiche ouvertement sa responsabilité. Le groupe utilise ses vidéos comme outil de propagande, avec logos et messages clairs revendiquant l’attaque. Des observateurs soulignent l’incohérence des accusations de Tiani : suggérer que des États souverains sponsoriseraient un groupe terroriste internationalement reconnu, sans fournir le moindre élément de preuve, relève davantage de la stratégie politique que de la réalité factuelle.
Depuis le coup d’État de juillet 2023 et le départ des forces occidentales au profit de conseillers russes, la situation sécuritaire s’est détériorée. L’attaque soulève des interrogations : comment des dizaines de terroristes ont-ils pu pénétrer une base militaire stratégique ? La sophistication de l’opération suggère-t-elle des complicités internes ? Pendant que le régime militaire s'attarde sur ses voisins, ces questions restent sans réponse.