AstraZeneca et le principe de précaution : « Il n’y a pas encore de patient présentant des effets secondaires graves après vaccination » (Dr Boubacar Signaté, médecin urgentiste).


Intervenant au webinaire sur le thème « campagne de vaccination au Sénégal : quelles stratégies d’approche pour l’adhésion des populations ? », le médecin urgentiste, le Boubacar Signaté, a rassuré sur les effets secondaires de la vaccination.

Le rendez-vous d’échanges initié par le Réseau des Volontaires Communautaires en Appui au Personnel de Santé (Revocap) avec l’appui technique de l’Observatoire de Suivi des Indicateurs Économiques en Afrique (OSIDEA), a permis d’apporter plus d’éclairages sur les manifestations post-vaccinales, notamment avec l’utilisation du vaccin AstraZeneca qui suscite la polémique ces derniers jours.

Selon l’urgentiste, la prise du vaccin au Sénégal n’a pas jusqu’ici, présenté des conséquences dramatiques. « Il n’y a pas encore de patient présentant des effets secondaires graves après vaccination », a-t-il rassuré en soulignant que seuls des effets secondaires mineurs ont jusque-là été relevés. Pour étayer ses propos, le Dr Signaté s’est appesanti sur la prévalence du vaccin Oxford-AstraZeneca et le principe de précaution comme éléments d’appréciation. 

À en croire le médecin, la prévalence de cette maladie thromboembolique au Sénégal tourne autour de 1 à 2% selon les études effectuées. En plus de ces résultats, il renseigne que 30 cas de thrombose sur 5 millions de personnes ayant reçu une injection du vaccin d’AstraZeneca ont été recensés par l’agence européenne du médicament soit 0,0006% de la population vaccinée. Ces résultats, explique le Dr Signaté, sont très loin de ce qu’on a au Sénégal comme risque de développer une maladie thromboembolique avant la Covid-19 et chez les patients hospitalisés pour Covid-19. En se basant sur ces données, il n’y a pas lieu de suspendre la stratégie de vaccination, mais il faudrait par contre répondre au problème d’information pour éviter les causes d’hésitation, a soutenu l’urgentiste.

« Il faut utiliser les données nationales pour que les décisions extérieures n’impactent pas sur la stratégie nationale de vaccination », conseille l’acteur sanitaire. Dans ses éclairages, le Dr Signaté explique qu’il existe une défiance au sein d’une partie de la population vis-à-vis des vaccins. « Des personnes hésitent sans être dans un refus catégorique ni dans une acceptation systématique des vaccinations. C’est la majorité dont il faut tenir compte », a confié l’expert qui considère que l’absence de confiance dans le vaccin est la raison principale des refus du vaccin, ce qui croit-il, doit inspirer les acteurs sanitaires pour dérouler des plans de communications efficaces. 

Pour le Dr Boubacar Signaté, le principe de précaution c’est très bien, mais en l’occurrence, il peut avoir des conséquences néfastes. Il a saisi la tribune virtuelle pour rappeler que la vaccination reste un acte volontaire, conseillant à ce que chacun aille se faire vacciner avec le vaccin disponible qui lui conviendra et invite toutefois à poursuivre la campagne de vaccination...
Mercredi 17 Mars 2021
Dakaractu




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