À l’ouverture de la 32e Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), qui se tient du 18 au 20 mai au King Fahd Palace, le président de l’APF, Hilarion Etong, a livré une réflexion approfondie sur les défis sécuritaires et institutionnels auxquels fait face le continent africain.
Placée sous le thème : « Les crises internationales et la souveraineté africaine : quelle implication des parlements dans la gouvernance stratégique et la sécurité collective ? », cette rencontre réunit plusieurs parlementaires francophones autour des enjeux de stabilité, de gouvernance et de coopération régionale.
Selon Hilarion Etong, l’Afrique est confrontée depuis plusieurs années à des défis sécuritaires majeurs, notamment le terrorisme, l’extrémisme violent, les conflits internes, les tensions frontalières, la criminalité transnationale, les cybermenaces ainsi que les ingérences extérieures.
Face à cette situation, il estime que les États africains aspirent légitimement à une souveraineté renforcée, mais souligne que celle-ci ne peut se limiter à une posture politique. « Elle doit reposer sur des institutions solides, une gouvernance démocratique crédible et une capacité collective d’anticipation stratégique », a-t-il déclaré.
Le président de l’APF a également insisté sur le rôle central des parlements dans la gestion des crises et la consolidation de la paix. Selon lui, les assemblées parlementaires doivent contrôler l’action gouvernementale, participer à l’élaboration des politiques de sécurité, garantir le respect des libertés fondamentales et favoriser une approche concertée des questions de défense et de stabilité régionale.
Pour Hilarion Etong, la diplomatie parlementaire constitue aujourd’hui un outil essentiel de prévention des crises. « Nos assemblées doivent être capables de dialoguer lorsque les exécutifs s’opposent, de maintenir des espaces de médiation lorsque les tensions s’aggravent et de porter la voix des peuples lorsque la paix est menacée », a-t-il soutenu.
Le parlementaire camerounais a salué les initiatives africaines de médiation dans plusieurs zones sensibles du continent, évoquant notamment les efforts de dialogue entre la République démocratique du Congo et le Rwanda dans la région des Grands Lacs. Il a également attiré l’attention sur la situation institutionnelle en Guinée-Bissau, estimant que l’accompagnement régional et le dialogue demeurent essentiels à la consolidation démocratique.
Hilarion Etong a par ailleurs rappelé que la commission politique de l’APF, réunie récemment à Siem Reap, avait déjà examiné plusieurs situations politiques préoccupantes dans l’espace francophone africain.
Selon lui, ces exemples démontrent l’urgence de renforcer les mécanismes africains de médiation, d’alerte précoce et de diplomatie préventive, avec une implication accrue des parlements.
« L’Afrique a besoin d’une sécurité collective pensée par les Africains eux-mêmes, dans le respect de leurs priorités, de leurs réalités et de leurs aspirations », a affirmé le président de l’APF.
Il a enfin plaidé pour un renforcement des coopérations interparlementaires africaines ainsi qu’une meilleure articulation avec les organisations régionales et internationales, notamment Union africaine, CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et Organisation internationale de la Francophonie.
Concluant son discours, Hilarion Etong a rappelé que « la Francophonie parlementaire n’est pas un simple espace institutionnel », mais « une communauté politique fondée sur le dialogue, l’État de droit, la solidarité, la diversité culturelle et la dignité humaine ».