Assemblée nationale ,Népotisme, gabegie : le « cuisinier personnel à un million » d’El Malick payé par l’Assemblée … quand un député Pastef charge le président de l’Assemblée


Un violent orage politique s’est abattu sur l’Assemblée nationale. Et il est venu de l’intérieur même de la majorité. Le député Mouramani Kaba Diakité, numéro 3 du parti Pastef, a livré une charge sans concession contre le président de l’institution parlementaire, El Malick Ndiaye, l’accusant de népotisme, de gestion clanique et de gabegie financière, dans des propos rapportés par le quotidien L’AS.
 
Dans une discussion sur un panel WhatsApp, largement relayée sur la toile et reprise par L’AS, le parlementaire originaire de Tambacounda n’a pas mâché ses mots. Pour lui, El Malick Ndiaye aurait transformé l’Assemblée nationale en un espace au service de ses intérêts personnels et de ceux de son cercle rapproché. « Il a mis en place un cabinet bien fourni avec des personnes issues de son fief et d’amis proches. On dirait qu’il est en stage pour demain être à la place de Diomaye », a lancé Mouramani Kaba Diakité, laissant planer l’idée d’ambitions présidentielles mal dissimulées.
 
Un président d’Assemblée accusé de dérives de pouvoir
 
Toujours selon L’AS, le député de Pastef estime que le président de l’Assemblée nationale se comporte comme un chef d’État, oubliant les principes de sobriété et de gouvernance vertueuse tant prônés par le nouveau régime. « Il peut bien avoir des ambitions, mais qu’il ne se comporte pas en loup dans une peau de biche », a-t-il dénoncé, dans un ton pour le moins acerbe.
 
Face à ce qu’il considère comme des dérives graves, Mouramani Kaba Diakité annonce des actions fortes. Il dit vouloir proposer un audit complet de la gestion d’El Malick Ndiaye, mais aussi introduire une révision du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, visant à limiter le mandat du président à un an, renouvelable en fonction de la durée du mandat parlementaire.
 
Recrutements fantômes et pratiques dénoncées hier
 
Le député va plus loin. Selon des informations qu’il affirme détenir et citées par L’AS, des agents auraient été recrutés à Linguère sans jamais mettre les pieds à l’Assemblée nationale, tout en percevant régulièrement leurs salaires. « Ces pratiques, nous les avons dénoncées sous Diouf, Wade et Macky. Avec le “Jub, Jubal, Jubanti”, ça ne doit pas se répéter », a-t-il martelé.
 
Le scandale du cuisinier personnel
 
Mais ce sont surtout les accusations liées au train de vie du président de l’Assemblée nationale qui ont mis le feu aux poudres. D’après L’AS, Mouramani Kaba Diakité s’indigne de la taille du cabinet d’El Malick Ndiaye, passé de 47 agents sous son prédécesseur à 67 aujourd’hui, ainsi que d’une dotation mensuelle de 5 000 litres de carburant.
 
Le point le plus polémique reste toutefois le cuisinier personnel du président, payé par l’Assemblée nationale à hauteur d’un million de francs CFA par mois. « El Malick n’est dans aucune posture de rationalisation », a-t-il tonné, dénonçant une gabegie incompatible avec le discours de rupture et de sobriété.
 
Véhicules des députés : opacité et frustration
 
Le député de Pastef a également pointé du doigt une opacité autour du marché d’acquisition des véhicules destinés aux députés. Selon lui, les indemnités des parlementaires sont ponctionnées depuis des mois sans que les véhicules promis ne soient livrés, et sans qu’aucun vote formel n’ait validé le marché. Une situation qu’il qualifie de « très floue », toujours selon L’AS.
 
Cette sortie fracassante de Mouramani Kaba Diakité ressemble à un but contre son camp, mais elle met surtout en lumière de profondes tensions internes et pose la question de la cohérence entre le discours de rupture et la pratique du pouvoir au sommet de l’Assemblée nationale.
Vendredi 2 Janvier 2026
Dakaractu