L’Alliance des associations des pouvoirs locaux du Sahel et du littoral a tenu sa quatrième assemblée générale à Dakar dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires, migratoires et climatiques. La rencontre, présidée par le directeur des collectivités territoriales Arona Ba au nom du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a réuni des élus locaux de plusieurs pays de la sous-région.
Arona Ba a souligné la gravité de la situation sécuritaire dans le Sahel, évoquant notamment des enlèvements de maires au Mali. Dans son discours, il a exprimé la solidarité du gouvernement sénégalais aux exécutifs territoriaux en première ligne de l’insécurité.
La « déclaration de Dakar » adoptée lors du forum insiste sur la nécessité de « construire la paix dans les territoires au plus proche des pouvoirs locaux, à côté des États ». Cette approche reconnaît le rôle crucial des collectivités territoriales dans la prévention des conflits et le maintien de la cohésion sociale.
Au regard du rôle central des collectivités territoriales, Oumar Ba, président de l’Association des maires du Sénégal, a défendu la position stratégique des collectivités locales : « la paix, la sécurité, la cohésion sociale sont construites à la base. Les collectivités territoriales sont les échelons de gouvernance les plus déconcentrés, les plus en contact avec les populations. »
Selon lui, les maires disposent d’atouts uniques pour prévenir les crises : proximité avec les populations, maîtrise de l’information locale, et capacité à favoriser l’insertion des jeunes pour les éloigner de la radicalisation. « Le jeune qui prend le fusil rencontre d’abord un problème d’insertion à la base”, a-t-il analysé.
Renforcement de la décentralisation
Le gouvernement du sénégal a réaffirmé son engagement à renforcer la décentralisation. « Dans un pays, lorsque les territoires marchent fort, la nation également marchera fort », a souligné Arona Ba, annonçant une réforme prochaine de la décentralisation au Sénégal et appelant les autres pays africains à suivre cette voie. L’assemblée générale a officialisé l’adhésion du Sénégal, du Bénin et du Togo à l’Alliance, jusqu’alors composée principalement de pays sahéliens. Mohamed Moustapha Mahmoud, président de l’Alliance, s’est félicité de cet élargissement : « l’apport du Sénégal, du Bénin et du Togo sera très important et nous permettra d’avancer. »
La rencontre, qui a coïncidé avec la victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations, a été perçue comme un signe favorable pour l’avenir de l’organisation. « C’est un porte-bonheur pour le Sénégal et pour l’alliance », s’est réjoui Mohamed Moustapha Mahmoud. L’Alliance entend développer la coopération transfrontalière et mobiliser un réseau technique à travers les directions des collectivités territoriales de chaque pays membre, afin de répondre aux défis communs de sécurité, de développement et de changements climatiques qui affectent la sous-région.