Assassinat: pour du chanvre indien, Ndiaga D. tue son oncle qu’il décrit de couteau facile.

Tout semble parti d’injures qu’aurait échangées les deux (2) protagonistes : la victime, Abdoulaye S. dit Abdou Fall et le mis en cause, Ndiaga D. qui n’est autre que son neveu. Celui-ci est accusé du meurtre de son oncle à qui il reproche d’avoir fumé de l’herbe qui tue. Pour permettre à la chambre criminelle de trancher l'affaire, le prévenu a été jugé, ce 5 avril, devant la chambre criminelle.


« Je venais de rentrer d’un baptême où j’ai passé la nuit. J’ai trouvé quelques amis dans la chambre commune où on passe le temps à fumer du chanvre indien. Je leur ai interdit de fumer dans l’espace, et c’est ainsi que Ablaye S. alias Abdou Fall a commencé à me proférer des insultes. Après m'être débarrassé du boubou traditionnel que je portais pour changer de tenue, j’ai pris par précaution un couteau que j’ai mis dans ma poche », a-t-il dit devant la barre de la juridiction. 

« Pourquoi vous avez pris un couteau, vous aviez alors l’intention de le tuer? », lui demande aussitôt le juge.

« En fait, Abdou Fall est habitué à poignarder ses adversaires. J’ai pris le couteau pour me défendre, Abdou est de nature violente. Il m’avait poignardé dans un passé récent pour une histoire d’habits », s’est-il justifié avant d’en revenir aux faits.

 

Ablaye S. a été atteint mortellement par couteau au niveau du thorax par son neveu. Le certificat de genre de mort évoque 3 coups répétés au même endroit. Chez le mis en cause, l’assassinat est involontaire.

« C’est lui qui m’a attaqué, m’a poignardé sur la tête et j’ai aveuglément riposté par des coups. Je n’ai pas fait attention à l'endroit où je tapais. On est parti à l’hôpital et on m’a relâché. C’est de là-bas que j’ai appris qu’il avait rendu l’âme », a expliqué Ndiaga. Interpellé sur le nombre de coups, il clame sa défense.

 

« J’ignore le nombre de coups que je lui ai administrés. Tout ce que je cherchais, c’est de me protéger contre une nouvelle blessure de sa part », a-t-il poursuivi.

 

Moustapha N. qui a été entendu comme témoin est un parent de la famille.

« Ablaye S. est mon petit frère, le mis en cause mon neveu. Quand je suis arrivé je suis tombé sur le premier qui descendait les marches ensanglanté. J’ai cru aussitôt que Ndiaga était mort. On est parti à l’hôpital général de Grand-Yoff, Ex Cto, et c’est là qu’on a été informé du décès de Abdou. Je suis parti trouver Ndiaga chez un ami pour le remettre aux policiers », a expliqué le témoin, la quarantaine passée.

 

Dans sa réquisition, le parquet retient des faits en l’espèce, une préméditation du forfait. Pour le procureur, le délit pour lequel Ndiaga D. est poursuivi ne souffre d’aucun doute. Le magistrat a donc requis le maintien du prévenu dans les liens de la détention pour une réclusion criminelle.

 

Pour la défense de Ndiaga D., il n’y avait dans l’attitude du client aucun dessein de porter atteinte à la vie d’autrui. 

« Il vous l’a dit, Ablaye S. est décrit comme une personne au couteau facile. Mon client n’a pas voulu attendre sans rien faire. Il cherchait à se protéger. Il avait déjà été blessé dans le passé par la même personne », a expliqué un des conseils. Au nombre de deux (2), les avocats ont plaidé pour une application extrêmement bienveillante de la loi pénale.

 

L’affaire a été mise en délibéré au 19 avril prochain…

 
 
Mercredi 6 Avril 2022
Dakaractu



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