Assane Dioma N'diaye sur la peine de mort : « Il n’y a pas de corrélation entre la peine de mort et la baisse de la criminalité »

Une proposition de loi pour la promulgation de la peine de mort est en gestation au Sénégal. Elle atterrira bientôt sur la table du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Pour ce faire, des députés de la douzième législature mettent les bouchées doubles pour peaufiner ce projet de loi. Par contre, chez les défenseurs des droits de l’homme, le son de cloche est littéralement différent. Selon le président de la Ligue sénégalaise de défense des droits de l’homme, Assane Dioma Ndiaye, interrogé sur Sud Fm, le droit international ne permet plus que l’on exécute aujourd’hui quelqu’un au nom de la loi d’autant plus que le Sénégal a ratifié des conventions internationales qui abolissent la peine de mort.


DAKARACTU.COM « Aujourd’hui la tendance au niveau mondial, c’est l’abolition. Le droit international ne permet plus aujourd’hui qu’on exécute au nom de la loi des personnes et je pense que le Sénégal a ratifié aujourd’hui des conventions internationales qui ne lui permettent plus d’intégrer à nouveau la peine de mort dans son corpus législatif. De ce point de vue, le débat me parait clair » soutient avec fermeté le président de la LSDH, avant de préciser qu’ « il faut que les Sénégalais comprennent une fois pour toutes, qu’il est démontré de façon scientifique, sociologique et la plus nette qu’il n’y a pas de corrélation entre la peine de mort et la baisse de la criminalité ».

Me Asssane Dioma Ndiaye ne s’est pas limité à décrier cette proposition de loi visant à promulguer la peine de mort au Sénégal. Me Ndiaye soutient de son côté que pour résoudre le problème de la criminalité au Sénégal, « il faut le régler en s’attaquant aux causes qui sont connues.
Nous avons dit qu’il faut faire en sorte que les jeunes puissent avoir des occupations, il faut répondre aux aspirations profondes des populations, faire en sorte que le crime ne soit plus la priorité des jeunes, etc. Aujourd’hui, il est établi que plus la pauvreté est grande, plus la criminalité s’accroit ».

Lundi 20 Mai 2013
Gata Doré