Arnaque judiciaire à Thiès : deux commerçants encaissent 1,5 million pour un faux avocat… et finissent derrière les barreaux


Ce qui devait être un geste solidaire pour tirer un ami de prison s’est transformé en un véritable scénario d’escroquerie. À Thiès, les commerçants M. Lèye et B. Ndiaye se retrouvent eux-mêmes sous mandat de dépôt, après avoir extorqué 1,5 million de FCFA sous prétexte de faire libérer un détenu. Une affaire rocambolesque relatée par L’Observateur, qui met en lumière une dérive opportuniste et une naïveté familiale exploitée à fond.

 

 
Faux espoir et vraie arnaque

 

 

Tout commence lorsque l’un de leurs camarades se retrouve incarcéré. Se présentant comme les bons samaritains du jour, M. Lèye et B. Ndiaye prennent contact avec S. Ndiaye, frère du détenu, pour lui proposer une solution express : payer 1,5 million de FCFA afin d’engager un avocat pour faire libérer son frère.

 

Soucieux de revoir son frère libre, S. Ndiaye s’exécute sans rechigner. Il remet la somme à M. Lèye, qui, à son tour, la transfère à B. Ndiaye — censé gérer la partie “juridique” du plan. Tout semble sous contrôle. Les deux commerçants vont jusqu’à demander à S. Ndiaye de préparer le dîner pour leur ami, affirmant qu’il allait rentrer dormir à la maison… ce soir même.

 

Mais la nuit passe. Et le détenu reste… détenu. Pas d’avocat, pas de libération, pas même une fausse visite d’un auxiliaire de justice.

 

 
Le piège se referme

 

 

Face à ce qu’il comprend enfin être une supercherie, S. Ndiaye n’hésite pas à porter plainte pour escroquerie et association de malfaiteurs. La police n’a pas tardé : les deux commerçants sont arrêtés, placés sous mandat de dépôt, puis traduits devant le Tribunal des flagrants délits de Thiès.

 

 
Les aveux, puis l’attente du verdict

 

 

À la barre, M. Lèye et B. Ndiaye reconnaissent les faits sans détour. Les charges sont accablantes. Le procureur, constatant la gravité des faits et l’intention manifeste de nuire, requiert l’application stricte de la loi contre les prévenus.

 

L’affaire a été mise en délibéré jusqu’au 4 juillet 2025, date à laquelle le tribunal tranchera sur le sort des deux commerçants devenus escrocs d’un jour.

Vendredi 11 Juillet 2025
Dakaractu