Après 22 mois derrière les barreaux, Ibrahima Dramé fixé sur son sort : Menaces et atteinte à la sûreté de l’État … un an ferme pour l’ex-commandant


Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce jeudi, son verdict dans le procès très suivi de l’ancien commandant de la gendarmerie Ibrahima Dramé. Jugé pour menaces de mort, outrage à agent et atteinte à la sûreté de l’État à l’encontre de ses supérieurs hiérarchiques, dont le général Moussa Fall, l’ex-officier a été condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme. Une décision qui met un terme, en première instance, à une affaire qui a longtemps alimenté les débats judiciaires et médiatiques, rapporte L’Observateur.
 
Selon L’Observateur, le tribunal a déclaré Ibrahima Dramé coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Lors de l’audience, le juge a pris acte du fait que les colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye, également visés par les messages incriminés, n’avaient formulé aucune demande de dommages et intérêts. En revanche, les intérêts civils du général Moussa Fall ont été réservés, laissant ouverte la possibilité d’une action indemnitaire ultérieure.
 
Une procédure au cœur de la hiérarchie sécuritaire
 
Comme le souligne L’Observateur, ce dossier est d’autant plus sensible qu’il a opposé un ancien commandant de la gendarmerie à des hauts gradés encore influents, notamment le général Moussa Fall. Le jugement vient ainsi clore, du moins provisoirement, une procédure emblématique des tensions internes ayant traversé l’institution.
 
Une affaire née d’un profond ressentiment
 
Lors des audiences tenues en décembre dernier, Ibrahima Dramé, âgé de 47 ans, avait reconnu avoir envoyé des messages menaçants à ses supérieurs. Mais, selon L’Observateur, il avait tenté d’en minimiser la portée, affirmant qu’il s’agissait avant tout de l’expression de sa colère, nourrie par des années de contentieux administratif et professionnel.
 
L’ex-commandant a soutenu que sa carrière avait été « brisée » par une procédure qu’il juge irrégulière, et qu’il attribue au général Moussa Fall. Concernant le message adressé à ce dernier, Dramé avait insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas, selon lui, d’une menace de mort, mais plutôt d’un rappel de proximité, affirmant connaître la famille du général pour avoir vécu à la caserne Faidherbe.
 
Toujours selon L’Observateur, l’audience avait également été marquée par des témoignages atténuants des colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye. Le colonel Mbengue avait notamment déclaré n’avoir « pas porté plainte » et avoir éprouvé « de la compassion » pour Dramé, qu’il considérait « comme un petit frère ». Les deux officiers s’étaient formellement désistés de toute demande de réparation financière.
 
Malgré ces éléments, le parquet avait requis une peine plus lourde, sollicitant trois ans de prison ferme.
 
Une peine largement couverte par la détention provisoire
 
Arrêté en février 2024, Ibrahima Dramé a déjà passé 22 mois en détention provisoire. Comme le relève L’Observateur, au regard de cette longue période déjà purgée, il est peu probable qu’il effectue un séjour supplémentaire en prison, la partie ferme de la condamnation étant largement couverte.
 
Vendredi 16 Janvier 2026
Dakaractu