Annulation du match Sénégal – Mauritanie : Le protocole sanitaire a-t-il été suivi à la lettre par la FSF et les « Mourabitounes » ?


Adopté par le bureau du conseil de la FIFA le 1 octobre dernier, le protocole relatif aux matches internationaux pour une reprise sûre quoique imparfaite, fait déjà ses preuves. Le football reprend ses droits un peu partout même en Afrique où le jeu se déroule à nouveau, le tout sur la base d’un protocole sanitaire rigoureux. Censé prévenir, encadrer et combattre la propagation de la covid-19 ce dispositif a-t-il été intégralement suivi par la fédération sénégalaise de football ? Quid de la sélection Mauritanienne, s’est-elle conformée aux règles sanitaires ? Autant d'interrogations qui découlent de l’annulation du match amical Sénégal – Mauritanie, à cause de la covid-19, ce mardi 13 octobre.

Si le protocole sanitaire, même en partie violé par l'une des parties, a contribué à sauver de la catastrophe la fédération Sénégalaise de football (FSF) qui a su annuler à temps le match. Il semblerait qu’un maillon de la chaine s'était rompu en amont, mettant ainsi en péril cette rencontre et les acteurs directement ou indirectement impliqués.

Car, selon les dires du docteur Babacar Ngom, le président de la commission médicale de la FSF, qui s’est confié à nos confrères de Stades : « Dans un premier temps, les mauritaniens refusaient de se soumettre aux tests. On les a contraints. Ils ont voyagé, traversé des frontières, leurs bus a quitté la Mauritanie pour arriver à Dakar, durant un jour. » Un refus catégorique de la délégation Mauritanienne à se soumettre au protocole a dénoncé le Dr Ngom suite à l'annonce de l'annulation de la rencontre menacée par le virus. 


Ce dernier cité, de révéler dans la foulée une information de taille quant aux conditions de voyage des « Mourabitounes » qui, après avoir affronté et vaincu la Sierra Leonne (2-1), à Nouakchott, sont entrés en terre Sénégalaise par voie terrestre. Ont-ils été testés une fois sur le sol sénégalais ? Disposaient-ils de leurs tests antérieurement réalisés en Mauritanie tel que le recommande le protocole sanitaire ? 

À ces interpellations,  le Dr Babacar Ngom révélait ceci dans les colonnes du quotidien sportif stades : « Les Mauritaniens nous ont dit qu’ils ont fait des tests chez eux, mais on avait des doutes quant à la fiabilité de ces tests. Nous avons aussitôt mis l’équipe nationale (Sénégalaise) en laboratoire pour des tests. Car, ils avaient partagé la même pelouse que les Mauritaniens, le lundi après-midi. » 

Ce qui démontre que la FSF nourrissait déjà des doutes depuis l’arrivée de la délégation des « Mourabitounes » au Sénégal.


Mais alors pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour imposer ces tests aux hommes de Corentin Martins qui, dès le début ont apparemment faussé les règles édictées. Il aura fallu brandir la menace de l’annulation du match pour qu’enfin le protocole sanitaire soit « respecté » par les voisins Mauritaniens. Ce 24h avant cette rencontre qui aurait pu être virale pour les 22 acteurs voire au-delà.

C’est ce même lundi que se feront ces tests, qui révèleront, le mardi à 13 heures, huit cas positifs, dont trois joueurs et cinq membres du staff. Six heures trop tard et le pire se serait produit au stade Lat Dior de Thiès où tout était déjà mis en branle pour accueillir la partie. 


En annonçant publiquement la nouvelle, la FSF a certes réagi de justesse mais aussi démontré une certaine fébrilité quant à la gestion de cette affaire. Un cas d’espèce qui, espérons-le servira de leçon à l’instance dirigeante du football Sénégalais, quelques semaines avant de recevoir un match officiel international le 9 novembre prochain, contre la Guinée Bissau. 
Mercredi 14 Octobre 2020
Dakaractu



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