Les enquêtes en cours contre les personnes supposées riches illicitement ne doivent pas empêcher l’Etat de travailler et de donner confiance à tout potentiel investisseur. C’est l’avis de Amath Dansokho qui estime que les populations ne doivent pas être «prisonnières» de la traque des avoirs de Karim Wade et Cie.
Le ministre d’Etat Amath Dansokho ne veut pas une trêve, mais une traque plus adoucie des biens supposés mal acquis. Selon le président d’honneur du Parti de l’indépendance et du travail (Pit), allié du chef de l’Etat dans Benno bokk yaakaar, le pays a besoin d’un climat propice au travail. «Ils (Karim Wade et les autres) ont été arrêtés selon des procédures reconnues par la loi. L’essentiel est que nous travaillons. Il ne faut pas que la société soit prisonnière de cette histoire. Elle ne le supportera pas longtemps», a-t-il soutenu hier. L’invité de l’émission Point de vue de la Rts1 souhaite que l’atmosphère sociopolitique soit mieux détendue. «C’est pourquoi je suis d’avis que nous gérions cette question en même temps que nous créions des conditions de travail, de dégel politique parce que quand nous allons vers les institutions internationales avec nos dossiers, la première chose qu’on va nous poser est si notre pays est suffisamment stable. Le dossier est bon, l’argent est là (...). Ils ne peuvent pas mettre leur argent sur le feu», explique-t-il.
Promoteur de la Gauche, ce dernier n’a pas manqué d’observer et d’analyser les attitudes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à l’égard du régime libéral : «Quand on regarde de près ce que Abdoulaye Wade a fait, elles (les institutions de Brettons Woods) l’ont autorisé à le faire (car) elles n’ont jamais pris de mesure contre lui…» Quoi qu’il en soit, Amath Dansokho prône une politique de relance économique comme l’a suggéré le Président Macky Sall. Selon lui, la réussite se trouve dans la mise en place de conditions favorables à l’investissement tout en ayant «une gestion de ces malversations qui ne nous empêche pas de travailler». Le but est que ceux qui ont actuellement peur de sortir leurs billes retrouvent la confiance.
«Je regrette le départ de Youssou Ndour»
Au cours de l’émission, l’ancien maire de Kédougou a avoué qu’il existe «des difficultés dans Benno bokk yaakaar», la coalition présidentielle. La lutte pour les postes, estime-t-il, a installé de la «cacophonie» dans les rangs. M. Dansokho ajoute : «Je considère que nous ne sommes toujours pas raisonnables, même si nous gérons ensemble. Entre certains segments de la coalition et le parti principal, il y a des difficultés (…). On a l’impression que tout le monde tire à hue et à dia. Le Président lui-même l’a dénoncé publiquement (…).» Toutefois, le ministre d’Etat s’est désolé du départ du roi du mbalax de la coalition Benno bokk yaakaar. «Je regrette le départ de Youssou Ndour. Il a été d’un apport considérable, de qualité, de façon très surprenante d’ailleurs, pendant la campagne électorale. Il est très politique et a un esprit très vif. Il s’exprime avec beaucoup de talent qui emporte les cœurs et les esprits», reconnaît-il.
Amath Dansokho sur la traque des biens mal acquis : «Il ne faut pas que la société soit prisonnière de cette histoire»
Lundi 18 Novembre 2013
Daddy Diop