Amadou Sow Badji, coordonnateur de l’association casamançaise des brigades de la nature de Diacounda (Bounkiling) : « Reboiser c’est construire des vies. »


Dans le cadre de leurs journées de reboisement ajournée ce samedi 12 décembre pour cause de coronavirus, le coordonnateur de l’association Amadou Sow Badji revient ici sur l’importance du reboisement en Casamance. Selon lui, les statistiques ne sont pas reluisantes malgré les efforts consentis par l’État contre la coupe de bois abusive. La commune de Diacounda dans le département de Bounkiling (Sédhiou) entend redonner la veste verte d’antan de la Casamance naturelle par le reboisement et la sensibilisation. 

Interrogé sur la question, il avance en ces termes : « la covid-19 au niveau mondial est un frein. Et les actes pour protéger la nature sont très nobles. Reboiser c’est construire des vies. La vie humaine ne doit pas compter plus que celle des arbres. Cette année, en collaboration avec les eaux et forêts, notre ambition est de planter plus de 5.000 arbres. Nous voulons reboiser l’espèce appelée terminalia mantaly qui produit beaucoup d’ombrage et rare tout au long de la route de Djindjin. Aujourd’hui, dans ce village il n’y a presque plus d’arbres tout a été coupé. Le constat est amer, en Casamance on ne parle plus de forêt. Nous ne sentons plus cette densité forestière! » 

Revenant sur les conséquences, il précise : « si on prend le long de la frontière avec la Gambie tout a été coupé. Il n’y a plus d’arbres. Et la pandémie peut contribuer à accélérer le phénomène car on ne peut plus se regrouper faute de covi-19 pour reboiser.  Au moment où je parle, la coupe abusive bat son plein. D’ailleurs, nous avons mené nos propres investigations pour attester cela. Mais ce que nous pouvons faire est de sensibiliser et reboiser. » 

Selon lui toujours, malgré la pandémie et les difficultés, il faut continuer à lutter pour préserver l’environnement. « Les nouvelles mesures dans la lutte contre le coronavirus ont trouvé que nous avions déjà ficelé notre programme de reboisement depuis quinze jours.  C’est une journée spéciale à Diacounda, car la question centrale est la protection de l’environnement. Et quand on parle de l’environnement c’est la question de survie qui s’impose. C'est pourquoi je ne peux pas comprendre que nous soyons dans un milieu naturel, la Casamance, appelé le « jardin du Sénégal » et que cette problématique se pose. Donc ce jardin nous devons l’entretenir, car il subit toute sorte d’agressions sauvages... » 
Dimanche 13 Décembre 2020
Dakaractu




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