Le fondateur d’Afrikajom Center a fait une analyse sans détour sur la situation actuelle de la justice concernant l’affaire liée à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Dans une intervention sur sa page X, le militant des droits de l’homme s’alarme des tensions croissantes entre experts médicaux et le procureur de la République.
« C’est une catastrophe pour l’image de la justice le démenti que les médecins apportent au procureur », a indiqué Alioune Tine, regrettant une série de conflits récents qui ébranlent la confiance dans l’institution judiciaire. Après l’affaire Farba Ngom, où « les juges ont ignoré l’avis des médecins », c’est au tour du communiqué du procureur sur l’autopsie de l’étudiant Abdoulaye Ba d’être contesté par le corps médical, dénonce Alioune Tine. Pour le défenseur des droits humains, ces conflits se multiplient « avec beaucoup de maladresse » et révèlent une incompréhension profonde des mutations sociétales en cours.
Alioune Tine souligne la complexité particulière du cas Abdoulaye Ba, qui fait partie du corps des experts en médecine mais aussi de la jeunesse universitaire qui maîtrise les nouvelles technologies de l’information. Dans ce « monde nouveau », les vidéos d’événements circulent en temps réel, et « la documentation des faits sur les violations des droits humains à l’UCAD est diffusée, commentée sur les réseaux sociaux et les médias du monde entier ».
Cette génération, rappelle-t-il, est « une jeunesse universitaire politisée qui a soutenu et s’est battue pour Pastef ». Un monde qui « s’accommode difficilement des manipulations de l’information » et où « les influenceurs, les chroniqueurs et les réseaux font aujourd’hui l’opinion ».
Au regard de cette nouvelle donne, le fondateur d’Afrikajom Center appelle à la vigilance : « il est difficile d’aller à contre-sens de la marche du monde. Après ce qui est arrivé au ministre de l’Intérieur, il faut protéger le procureur. » Alioune Tine contextualise les violences universitaires comme « une maladie chronique qui est là bien avant Pastef et qui s’approfondit au fil du temps ». Il invite le pouvoir en place à « prendre conscience des difficultés et des complexités de la question ». Alioune Tine lance un appel au dialogue et invite à débattre collectivement dans le calme et la sérénité et trouver des solutions consensuelles.