L'Afrique du Sud retient son souffle : après plusieurs semaines de violentes manifestations qui ont déjà fait cinq morts, ce mardi marque la fin de l'ultimatum posé par des groupes de citoyens très structurés qui réclament le départ des étrangers sans papiers. Ils annoncent de nombreux rassemblements ce 30 juin 2026.
À la mi-journée, on dénotait des incidents surtout à Johannesburg, la plus grande ville du pays, où l’on évoque des groupes divisés qui ont tenté d'entrer de force dans des magasins ou dans des résidences, parfois en brisant des fenêtres. On rapporte aussi des jets de pierres entre manifestants et résidents.
À Durban, grande ville située sur la côte de l’océan Indien, le cortège était constitué de milliers de personnes. Mais la marche était encore assez pacifique.
Ces milliers de manifestants veulent surtout investir les rues pour montrer qu'ils sont là, dire qu'ils n'arrêteront pas leur combat.
À noter quelques actes d'intimidation : les manifestants s'arrêtent souvent devant des bâtiments supposément habités par des immigrés en situation irrégulière et leur demandent de partir. Et lorsqu’un homme a commencé à leur répondre de son balcon, la police est immédiatement intervenue et a demandé aux manifestants de circuler, l’ambiance restant malgré tout assez électrique.
Les manifestants semblent galvanisés, comme porteurs d'une mission : celle de se faire entendre, de faire pression sur leur gouvernement.
Mémorandum
Le cortège, une fois arrivé à destination, compte présenter un mémorandum avec différentes revendications : déporter tous les sans-papiers et sécuriser les frontières sud-africaines.
L'Afrique du Sud a déjà connu de violents débordements xénophobes, notamment en 2008 et 2015, mais de manière inédite, plus de 25 000 ressortissants de plusieurs pays africains, Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, etc., ont fui ces dernières semaines par leurs propres moyens ou à bord de bus affrétés par leur pays ou par l'Afrique du Sud.