Afrique : Le fort plaidoyer des Comités nationaux d'éthique de la recherche en santé.

Une panoplie d’arsenaux juridiques existe aujourd’hui au Bénin comme au Sénégal par rapport au concept genre. Mais ils demeurent très peu opérants à cause des contrastes et des obstacles. Des pesanteurs socioculturelles qui bloquent la mise en application de ces arsenaux juridiques sur le terrain que des membres du Comité national d'éthique de la recherche en santé (Cner) ont relevé pour porter le plaidoyer en faveur de la science.


Afrique : Le fort plaidoyer des Comités nationaux d'éthique de la recherche en santé.
Une panoplie d’arsenaux juridiques existe aujourd’hui au Bénin comme au Sénégal par rapport au concept genre. Mais ils demeurent très peu opérants à cause des contrastes et des obstacles. Des pesanteurs socioculturelles qui bloquent la mise en application de ces arsenaux juridiques sur le terrain que des membres du Comité national d'éthique de la recherche en santé (Cner) ont relevé pour porter le plaidoyer en faveur de la science.
Le sexe et le genre qu’ils soient considérés indépendamment et/ou en intersection, sont des déterminants essentiels de la santé qui influencent la prévalence, la progression et les résultats de la maladie. C’est cela qui est ressorti du constat fait par la scientifique Béninoise, le Dr Charlotte Chacou Alé. Cette dernière, membre du Comité national d'éthique de la recherche en santé a profité de la présentation faite ce jeudi relative à ‘’l’orientation sur l'intégration du genre dans l'évaluation éthique des protocoles de recherche’’ pour plaider en faveur de la prise en compte du sexe dans la recherche en santé. Une prise en compte qui, selon elle, ‘’favorise le développement et le déploiement de diagnostics, de traitements et d’interventions efficaces qui sont pertinents pour l’ensemble de la population; hommes/femmes; garçons/filles, les couches vulnérables’’.

Pour changer la donne, elle a proposé une série de recommandations. Des recommandations qui appellent à ‘’bien impliquer le genre et le sexe dans l’évaluation et le type de la recherche en santé et qu'il faille travailler sur les changements de paradigme sur la prise en compte du sexe et du genre, travailler au niveau interne au sein des comités d’éthiques pour harmoniser le langage ; sensibiliser les responsables académiques et des instituts de recherche, les chercheurs sur la prise en compte du sexe et du genre’’.
Sous ce même chapitre, le Dr Charlotte Chacou Alé de préconiser le renforcement de ‘’la capacité institutionnelle des universités et instituts de recherche en matière d’intégration du sexe et du genre dans la recherche de façon globale et de façon spécifique dans la recherche en santé; l’ouverture des collaborateurs avec les ministères de tutelle pour le renforcement de la capacité sur les outils d’intégration de sexe et de genre dans la recherche, la sensibilisation des bailleurs sur la pertinence du concept sexe et genre dans la recherche en santé. Mais également l’octroi de primes accordées aux ‘’recherches innovantes en matière de prise en compte du sexe et du genre dans la recherche en santé’’, ainsi que la vulgarisation de ‘’bonnes pratiques sur l’égalité de sexe et de genre dans les comités d’éthique’’ et enfin la création et la mise en place un dispositif de diffusion et de partage des résultats (de la recherche) adaptés aux conditions locales’’.

‘’Les femmes qui défendent le genre sont vues comme des personnes qui veulent renverser la société’’

Pour le Dr Charlotte Chacou Alé, socioanthropologue Béninoise, ‘’cet avènement récent du concept genre fait qu’il est souvent mal compris. Et (que) souvent on donne l’étiquette du militantisme à ceux/celles qui se hasardent dans ce domaine. Il y a certaines femmes qui défendent le genre qui sont vues comme des personnes qui veulent renverser la société parce qu’ils ne maîtrisent pas ce que c’est que le genre. Un autre phénomène, par rapport à l’implication du genre, qui est l’anomie sociale qui contraste avec les normes socio-culturelles et qui font aujourd’hui que le genre n’est pas encore totalement accepté, compris par les populations et qui est rejeté’’. Une situation qu’elle déplore en évoquant avec regret l’existence de plusieurs textes de loi favorables au genre.

‘’Vous avez aussi suivi avec moi, cette panoplie d’arsenaux juridiques que nous avons présenté que cela soit au Bénin ou au Sénégal par rapport au concept genre. Donc tous ces dispositifs qui devaient permettre et faciliter la prise en compte de l’intégration du genre dans nos recherches. Et face à des constats que ces arsenaux (juridiques) sont très peu opérants à cause des contrastes et des obstacles des pesanteurs socioculturelles, bloquent la mise en application de ces arsenaux juridiques sur le terrain.  Donc nous sommes dans un environnement qui est favorable, mais en absence de la culture du genre’’.

Tirant les conclusions, dans le cadre de la présentation, elle évoque les avantages de l’intégration du sexe et du genre dans l’évaluation éthique de la recherche. ‘’Cela signifie : exposer les inégalités auxquelles les femmes et les hommes et les autres groupes défavorisés sont confrontés et comment elles affectent leur santé; c’est s’assurer que les femmes et les hommes ainsi que les autres couches de la population tirent pleinement partie de la recherche; c’est réaliser l’égalité des chances dans la prise en charge de soins de santé : c’est là où nous voulons en venir; c’est aussi permettre à la recherche de nourrir les politiques et pratiques d’une manière sexo-spécifique et sensible au genre’’, a-t-elle précisé...
Vendredi 26 Mars 2021
Dakaractu



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