À la suite de la décision du parquet d'ouvrir une information judiciaire pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation envers les armées contre l'ex caporal Ousseynou Fall, son père Abdoulaye Fall Mao est sorti de son silence pour s'adresser aux sénégalais. Dans un entretien qu'il a accordé à un confrére à Thiès, après avoir demandé pardon aux sénégalais, il a révélé que son fils se trouve sous l'influence d'une " secte politique".
" Je m’appelle Abdoulaye Mao Fall, concepteur de la Coalition Diomaye Président et coordinateur départemental de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains. Je suis également militaire de carrière, ancien militaire de guerre et invalide de guerre. Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre la parole pour présenter mes excuses à l’ensemble du peuple sénégalais. Je reconnais personnellement avoir eu tort, car mon fils, l’ex-caporal Ousseynou Fall, blessé en service militaire puis libéré à la suite d’une décision de l’autorité militaire, a tenu des propos que je considère comme fautifs. En tant que père, je reconnais cette faute et je demande humblement pardon à l’ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais, sans distinction. Nous appartenons à une famille qui sait reconnaître ses erreurs lorsqu’elle en commet. Lorsque nous avons fauté, nous assumons nos responsabilités et nous présentons nos excuses. Nous n’accusons personne et nous ne cherchons pas le conflit. Mais aujourd’hui, je demande également à Dieu et au peuple sénégalais de m’aider pour mon fils. Pour moi, Ousseynou Fall se trouve aujourd’hui sous l’influence d’une organisation politique que je qualifie de « secte politique ». Je considère également cette organisation comme très dangereuse. Je lance donc un appel à toutes celles et à tous ceux qui peuvent contribuer à son retour auprès de sa famille. Depuis son arrestation, mardi, jusqu’à aujourd’hui, je déplore qu’aucun responsable de cette organisation ne soit venu lui rendre visite. En tant qu’ancien militaire, je pense connaître certains mécanismes que peuvent utiliser des organisations que je considère comme sectaires. Malgré cela, je leur pardonne. Je ne cherche pas le conflit. Je demande simplement qu’on m’aide à retrouver mon fils. Ousseynou est mon enfant. C’est un fils que j’aime profondément. Sa mère, ses frères, ses sœurs, ses cousins et toute la famille sont à mes côtés. Ils m’ont confié la responsabilité de prendre la parole en leur nom. Je lance donc un appel à l’ensemble des Sénégalais : automobilistes, chauffeurs de taxi, conducteurs de Jakarta, membres des forces de défense et de sécurité, acteurs de la justice, universitaires, acteurs du secteur minier, acteurs du développement, femmes et hommes engagés dans la société, maires, présidents de conseils départementaux, responsables et militants politiques, membres de la société civile, députés, autorités religieuses, citoyens et autorités administratives. Je demande également aux marabouts, aux curés, aux abbés et à toutes les autorités religieuses de nous assister dans cette épreuve. Je vous tends la main et je vous demande de nous aider à sortir mon fils de ce que je considère comme une organisation politique très dangereuse, afin qu’il puisse retrouver sa famille. Je reconnais également que, concernant l’armée, mon fils n’aurait pas dû tenir certains propos, d’autant plus qu’il était lui-même militaire. Je le dis devant tout le Sénégal : Ousseynou était un militaire digne, comme son père. S’il a fauté, je considère que, comme père, je dois également demander pardon. C’est pourquoi je présente mes excuses au peuple sénégalais. Mais demander pardon ne signifie pas renoncer à sa dignité. Je peux reconnaître une faute, assumer mes responsabilités et demander pardon tout en restant debout. Aujourd’hui, ma seule préoccupation est de voir mon fils retrouver sa famille et de sortir de la situation dans laquelle il se trouve. Je demande donc solennellement, humblement et fermement à toutes les bonnes volontés de se joindre à moi afin que mon fils, l’ex-caporal Ousseynou Fall, puisse retrouver sa famille. Je demande pardon à tous les Sénégalais".