À Guédiawaye, l’affaire avait tout d’un nouveau chapitre dans la longue série des dossiers judiciaires impliquant Seydina Fall Bougazelli. Pourtant, contre toute attente, l’ancien député a de nouveau échappé à une condamnation, malgré des faits troublants liés à une présumée arnaque immobilière. C’est L’Observateur qui revient en détail sur ce dossier aux allures de déjà-vu.
Tout commence par une démarche on ne peut plus banale. Amy Sall, à la recherche d’un logement, entre en contact avec deux courtiers, Abdourahmane Dieng et Moustapha Ndiaye. L’offre est séduisante : un appartement situé au troisième étage d’un immeuble appartenant à Bougazelli, au quartier Hamo 3. Confiance installée, la future locataire verse une caution de 370 000 FCFA, assortie de 50 000 FCFA de frais de courtage. Les clés lui sont promises pour le 10 novembre.
Mais le jour convenu, rien. Plus de nouvelles, sinon une explication pour le moins inquiétante : le propriétaire serait gravement malade et hospitalisé. Peu après, l’affaire prend une autre tournure lorsque Seydina Fall Bougazelli est arrêté dans un tout autre dossier d’arnaques immobilières. Pour Amy Sall, le doute n’est plus permis. Elle saisit la justice.
Extrait de la prison de Rebeuss, où il purge déjà une peine de deux mois dans une autre affaire, Bougazelli comparait et clame son innocence avec vigueur. Sa ligne de défense est claire : le déni total. « Je ne connais pas Moustapha Ndiaye. Mon seul interlocuteur, c’est Abdourahmane Dieng, qui gère mes immeubles », martèle-t-il à la barre. Confronté par le juge à une décharge établie en son nom pour la somme versée par la plaignante, l’ancien parlementaire s’inscrit en faux. Selon lui, il serait une victime collatérale de courtiers véreux.
Toujours d’après L’Observateur, Bougazelli affirme même avoir déposé une plainte contre Abdourahmane Dieng, aujourd’hui en fuite et activement recherché par les services de police. Une manière, selon la défense, de démontrer sa bonne foi.
L’audience connaît un moment clé lors de l’audition d’Amy Sall. D’abord hésitante, elle rappelle avoir déposé une lettre de désistement. Mais le Procureur la confronte à ses déclarations faites à la police. Elle y affirmait avoir eu Bougazelli au téléphone, lequel l’aurait rassurée sur la disponibilité de l’appartement. Face à cette contradiction, la plaignante finit par préciser qu’elle ne réclame plus rien à l’ancien député, invoquant une certaine lassitude.
Le ministère public, lui, voit dans ce dossier la continuité d’un système bien huilé d’association de malfaiteurs. Convaincu, le Procureur requiert trois mois de prison ferme contre Bougazelli. La défense, au contraire, plaide la relaxe pure et simple, estimant que rien ne prouve une implication directe de leur client.
Au terme des débats, le tribunal tranche. Contre les réquisitions du parquet, Seydina Fall Bougazelli est relaxé de toutes les charges.