Affaire des gadgets alcoolisés : Le délibéré est fixé au 5 janvier prochain.


Le procès des 6 prévenus poursuivis pour vente de boisson alcoolisée ou de produits contenant de l'alcool et mise en danger de la vie d'autrui a été encore jugé ce matin à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. L'affaire a été renvoyée au 5 janvier prochain pour délibération.

Les prévenus dans ce dossier en l'occurrence Ali Khalil, Thierno Adama Diallo, Oussam Khalil, Sylvie Dasylva, Ahmed Oussein Aïdara Garaye et Mamadou Ba ont à nouveau été entendu devant le juge, mais ont tous réaffirmé leur ignorance sur la présence d'alcool dans les produits qu'ils distribuaient dans le marché. Ils  ont notamment confié avoir été trompés sur la qualité de la marchandise et devraient logiquement porter plainte.

Dans les plaidoiries, le parquet a souligné la reconnaissance de la matérialité des faits par les prévenus. "Dès l'instant qu'ils ont reconnu avoir possédé ou vendu la boisson, il faut regarder si les obligations qui reposent sur eux en tant que distributeurs ou commerçants sont respectés", a soutenu le ministère public qui considère tous les prévenus coupables sauf Oussam Khalil. Pour ce dernier explique l'agent judiciaire de l'État, il n'avait qu'un rôle de magasinier.

Ainsi pour dissuader les autres à ne pas jouer avec la santé publique, le parquet a requis contre les prévenus 1 an de prison ferme et la relaxe pour Oussam Khalil.

La partie civile représentée par Me Massokhna Kane qui s'est constitué bénévolement pour la défense des intérêts des consommateurs, parle d'affaire extrêmement grave qui implique des malfaiteurs.

"Ces gens ont fait de la contrebande. L'un dit que les gadgets alcoolisés viennent de la Guinée, l'autre soutient qu'ils proviennent de la Gambie. Qui croire ?" s'est interrogé l'avocat. Il croit que l'affaire aurait dû faire l'objet d'une information judiciaire. "Votre tribunal peut le faire, monsieur le juge. Ce dossier devrait faire objet d'un complément d'informations judiciaires. Il y a 7 contrebandiers et dans leurs déclarations, ils ont tout fait pour brouiller les pistes", a confié Me Kane qui assimile les prévenus à des criminels.

"Comment peut-on vendre de la boisson alcoolisée à des enfants avec des jouets attractifs. Monsieur le président, vous retiendrez ces gens là dans les liens de la détention, il y'a tromperie sur la qualité du produit et du délit de contrebande", a plaidé Me Masokhna Kane. Il a invité le juge à les emprisonner et à appliquer la peine qui lui plaira. La robe noire a notamment demandé au juge de recevoir la demande de constitution de partie civile de Sos consommateur et de Fatou Guèye et ses 2 enfants qui ont été victimes dans cette affaire. Il confie réclamer le francs symbolique et 5 millions Fcfa pour les victimes avec paiement à exécution provisoire.

S'agissant de la défense, l'avocat de Thierno Adama Diallo constate que la partie civile et le ministère public s'agrippent sur l'infraction de mise en danger pour faire des prévenus des malfaiteurs et des contrebandiers ce qui ne se justifie nullement, confiera-t-il. "Personne n'a dit avoir acquis le produit chez Thierno Adama Diallo. Il est retenu alors qu'il est lui même victime. Je ne connais pas de disposition qui dise que la vente de produit avec présence d'alcool est une infraction alors que la vente de produit avec 100% d'alcool est autorisée", relève la robe noire qui s'interroge sur le degré de responsabilité de chacune des parties de la chaine commerciale. "Monsieur le juge, s'il y'a faille dans le contrôle, à qui la faute, les commerçants ou les institutions de l'État ? Relaxez purement et simplement le sieur Thierno Adama Diallo!", a-t-il plaidé.

L'avocat du boutiquier, Mamadou Ba a pour sa part attiré l'attention sur la confusion qui entoure la procédure. "Mon client a acheté le produit pour la revente en tant que jouet. Il n'a acheté que 2 paquets à raison de 900f cfa par paquet, une qualité négligeable et on veut l'enfermer pour 1 an ferme, ce n'est pas normal", a-t-il argué invitant à relaxer le sieur Mamadou Ba.

Le conseil de Sylvie Dasylva a quant à lui rejeté la poursuite de vente de produit impropre à la consommation soulevée par la partie civile. "On est très loin d'une infraction matérielle. Il s'agit de gadgets contenant de la boisson. Tous ces prévenus sont musulmans, ils n'avaient pas l'intention de vendre de la boisson alcoolisée, la preuve, ils ont immédiatement cessé la vente quand ils ont su que le produit contenait de l'alcool", s'est défendu l'avocat de la commerçante dans cette affaire plaidant pour la relaxe de son client.
Pour l'avocat de Ali Khalil, Oussam Khalil et Ahmed Oussein Aïdara Garaye, aucun des 6 prévenus présentés au juge n'est producteur, tout au contraire ils sont tous consommateurs.

Sur la présence de l'alcool dans les gadgets, la robe noire fonde ses arguments sur l'effet de la fermentation pour cause d'un mauvais stockage ou conditionnement. Il a invité le juge au renvoi des fins de la poursuite pour tous les prévenus et de déclarer irrecevables les demandes de constitution de partie civile pour Sos consommateurs et pour la mère des 2 potaches victimes dans ce dossier à savoir la dame, Fatou Guèye.

Me Bamba Cissé qui plaidé la défense d'Ahmed Oussein Aïdara Garaye a fait savoir qu'un produit alcoolisé n'est pas impropre à la consommation et que le seul élément qu'on pourrait admettre dans cette affaire est que les produits ont été vendus. "Ces personnes là sont des innocents, je vous demande, monsieur le juge, de rétablir l'équilibre en relaxant mon client", a-t-il conclu dans sa plaidoirie.
Mercredi 30 Décembre 2020
Dakaractu




Dans la même rubrique :