La saga judiciaire opposant le Premier ministre Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang connaît un nouveau rebondissement. Alors que plusieurs décisions de justice ont déjà été rendues et déclarées définitives, un nouveau front s’ouvre devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Selon des informations rapportées par L’Observateur, le dossier relatif à l’assignation en annulation d’une mutation jugée frauduleuse d’un bien immobilier est inscrit, ce lundi 02 février 2026, au rôle de l’audience de répartition.
À l’origine de cette nouvelle procédure, les avocats de Mame Mbaye Niang, déterminés à obtenir l’exécution du jugement n°176/2023 du 30 mars 2023, qui avait condamné Ousmane Sonko à verser 200 millions de FCFA à leur client pour diffamation. Estimant que cette condamnation est restée lettre morte, la défense de l’ancien ministre dénonce une manœuvre destinée à soustraire un patrimoine immobilier à l’action des créanciers.
Une mutation immobilière au cœur de la controverse
Le bien en question est le lot n°R/17, un terrain de 264 m² situé à la Cité Keur Gorgui, à Dakar. D’après les avocats de Mame Mbaye Niang, ce terrain appartenait à Ousmane Sonko au moment où une réquisition foncière a été effectuée, le 24 avril 2023. Mais, à leur grande surprise, le titre aurait été muté, le 15 mai 2023, au nom de membres de la famille du leader politique.
Pour la défense de Mame Mbaye Niang, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une « dissimulation frauduleuse » destinée à empêcher le recouvrement des 200 millions de FCFA dus à leur client. Une accusation vigoureusement assumée par Me Baboucar Cissé, qui avait déjà annoncé la couleur lors d’une récente conférence de presse, qualifiant la tentative de révision du procès de « divertissement » sans fondement juridique.
Une audience clé pour fixer le calendrier judiciaire
L’audience de répartition prévue devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar permettra au juge de fixer le calendrier procédural, notamment les délais d’échange de conclusions ou un éventuel renvoi. Ce passage est crucial dans une affaire que L’Observateur décrit comme « très attendue », tant ses implications juridiques et politiques sont lourdes.
Les avocats de Mame Mbaye Niang ont assigné non seulement Ousmane Sonko, mais également ses épouses, ses enfants, ainsi que le Conservateur de la propriété foncière de Grand-Dakar. Un large éventail de pièces a été versé au dossier, allant des décisions judiciaires antérieures aux états des droits réels, en passant par des déclarations publiques conservées sur support numérique.
La défense réclame des mesures fortes
Estimant que la créance est « liquide, certaine et exigible », les conseils de Mame Mbaye Niang s’appuient sur les dispositions du Code des obligations civiles et commerciales pour invoquer une présomption de fraude. Selon eux, le débiteur ne peut légalement s’appauvrir sciemment pour échapper à ses obligations.
Dans leurs conclusions, ils exigent la réinscription du titre foncier au nom d’Ousmane Sonko, sous astreinte de 10 millions de FCFA par jour de retard, ainsi que le paiement de 500 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts pour le préjudice subi.
Un bras de fer judiciaire loin de son épilogue
Malgré les arrêts de la Cour suprême, notamment ceux des 4 janvier 2024 et 1er juillet 2025, censés clore définitivement le contentieux pénal, le conflit entre les deux hommes semble s’être déplacé sur le terrain civil et patrimonial.