Vingt-quatre heures après la découverte du corps sans vie de Serigne Issa Touré, retrouvé au fond d’un puits, le choc et l’incompréhension laissent place à la colère. Talibés, partisans et proches du défunt ont convergé en masse vers le lieu du drame, déterminés à faire entendre leur voix. Une voix unanime : leur marabout n’a pas pu se suicider.
Entre recueillement et révolte
Jeudi matin, la quiétude apparente de ce hameau reculé est troublée par une affluence inhabituelle. Taxis surchargés, visages graves, cris étouffés… Les fidèles affluent de partout : Gorom 2, Thiaroye, Dakar, Bambilor. Certains viennent par devoir spirituel, d’autres, par quête de vérité. Tous se dirigent vers ce champ sec et sablonneux, où trône un puits désormais tristement célèbre.
Là, à même le sol, des femmes pleurent en silence. D’autres prient. Quelques voix s’élèvent dans les foules, entre récits contradictoires et récits pieux. Un climat tendu règne : entre l’accusation publique dont faisait l’objet le défunt et la brutalité de sa mort, les débats se font houleux.
« Il a été tué et jeté dans le puits »
Loin de faire consensus, l’hypothèse du suicide divise profondément. Bien que Serigne Issa Touré ait laissé un message énigmatique avant sa disparition le 3 juin dernier, interprété par certains comme une lettre d’adieu, ses disciples n’y croient pas.
« Le puits fait plus de cinq mètres de profondeur. À son âge, il n’aurait jamais pu s’y jeter seul », affirme Imam Fall, visiblement bouleversé. Pour lui, l’idée d’un suicide ne tient pas une seconde : « On l’a tué et on a jeté son corps dans le puits pour maquiller un meurtre. »
Une thèse partagée par plusieurs fidèles présents lors de l’exhumation. Selon l’un d’eux, le corps du marabout semblait « intact », ce qui les pousse à croire que sa mort est plus récente que sa date de disparition. Un autre affirme : « Il a disparu depuis 22 jours. Mais vu l’état du cadavre, il ne serait pas mort depuis aussi longtemps. »
Un enterrement dans la nuit, une exhumation sous tension
Autre élément qui jette le trouble : les conditions d’inhumation. Le soir même de la découverte, le corps avait été inhumé en catimini, à près d’un kilomètre du puits. Une décision prise par un groupe restreint de proches, justifiée par l’état de décomposition supposé de la dépouille. Mais cette précipitation a suscité l’indignation.
Face aux contestations et au climat de suspicion, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, Cheikh Diakhompa, a ordonné l’exhumation du corps pour autopsie. Une opération supervisée par les sapeurs-pompiers, en présence de plusieurs disciples du marabout.
Entre accusations et réhabilitation
En toile de fond de ce drame plane l’affaire qui avait terni la réputation de Serigne Issa Touré au début du mois de juin : des accusations d’actes contre-nature et de détournement de mineurs. Des allégations graves, qui avaient semé le trouble au sein de la communauté mouride. Pour certains, ces accusations restent une trahison. Pour d’autres, une cabale montée contre un homme pieux.
Dans un taxi qui les conduit à Nguendouf, les conversations sont tendues. Une commerçante du marché de Bambilor lâche, amère : « Ce marabout nous a déçus. » Une remarque aussitôt contestée par le conducteur : « Serigne Issa était un homme de Dieu. Il a enseigné le Coran toute sa vie. Jamais il n’aurait fait ce qu’on lui reproche. »
Une communauté en quête de vérité
Au fil des heures, une chose devient claire : pour les talibés de Serigne Issa Touré, l’heure n’est plus au doute, mais à l’exigence de justice. Dans leurs chants, dans leurs prières, dans leurs regards, un seul mot revient : vérité.
Le convoi funéraire quitte lentement Nguendouf, direction la morgue de l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, où les médecins légistes doivent établir les causes exactes du décès. Le procureur attend les résultats pour statuer sur la suite des investigations.
Mais sur le terrain, les fidèles, eux, ont déjà tranché : leur marabout ne s’est pas ôté la vie. Et ils entendent bien que justice soit faite.
Entre recueillement et révolte
Jeudi matin, la quiétude apparente de ce hameau reculé est troublée par une affluence inhabituelle. Taxis surchargés, visages graves, cris étouffés… Les fidèles affluent de partout : Gorom 2, Thiaroye, Dakar, Bambilor. Certains viennent par devoir spirituel, d’autres, par quête de vérité. Tous se dirigent vers ce champ sec et sablonneux, où trône un puits désormais tristement célèbre.
Là, à même le sol, des femmes pleurent en silence. D’autres prient. Quelques voix s’élèvent dans les foules, entre récits contradictoires et récits pieux. Un climat tendu règne : entre l’accusation publique dont faisait l’objet le défunt et la brutalité de sa mort, les débats se font houleux.
« Il a été tué et jeté dans le puits »
Loin de faire consensus, l’hypothèse du suicide divise profondément. Bien que Serigne Issa Touré ait laissé un message énigmatique avant sa disparition le 3 juin dernier, interprété par certains comme une lettre d’adieu, ses disciples n’y croient pas.
« Le puits fait plus de cinq mètres de profondeur. À son âge, il n’aurait jamais pu s’y jeter seul », affirme Imam Fall, visiblement bouleversé. Pour lui, l’idée d’un suicide ne tient pas une seconde : « On l’a tué et on a jeté son corps dans le puits pour maquiller un meurtre. »
Une thèse partagée par plusieurs fidèles présents lors de l’exhumation. Selon l’un d’eux, le corps du marabout semblait « intact », ce qui les pousse à croire que sa mort est plus récente que sa date de disparition. Un autre affirme : « Il a disparu depuis 22 jours. Mais vu l’état du cadavre, il ne serait pas mort depuis aussi longtemps. »
Un enterrement dans la nuit, une exhumation sous tension
Autre élément qui jette le trouble : les conditions d’inhumation. Le soir même de la découverte, le corps avait été inhumé en catimini, à près d’un kilomètre du puits. Une décision prise par un groupe restreint de proches, justifiée par l’état de décomposition supposé de la dépouille. Mais cette précipitation a suscité l’indignation.
Face aux contestations et au climat de suspicion, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rufisque, Cheikh Diakhompa, a ordonné l’exhumation du corps pour autopsie. Une opération supervisée par les sapeurs-pompiers, en présence de plusieurs disciples du marabout.
Entre accusations et réhabilitation
En toile de fond de ce drame plane l’affaire qui avait terni la réputation de Serigne Issa Touré au début du mois de juin : des accusations d’actes contre-nature et de détournement de mineurs. Des allégations graves, qui avaient semé le trouble au sein de la communauté mouride. Pour certains, ces accusations restent une trahison. Pour d’autres, une cabale montée contre un homme pieux.
Dans un taxi qui les conduit à Nguendouf, les conversations sont tendues. Une commerçante du marché de Bambilor lâche, amère : « Ce marabout nous a déçus. » Une remarque aussitôt contestée par le conducteur : « Serigne Issa était un homme de Dieu. Il a enseigné le Coran toute sa vie. Jamais il n’aurait fait ce qu’on lui reproche. »
Une communauté en quête de vérité
Au fil des heures, une chose devient claire : pour les talibés de Serigne Issa Touré, l’heure n’est plus au doute, mais à l’exigence de justice. Dans leurs chants, dans leurs prières, dans leurs regards, un seul mot revient : vérité.
Le convoi funéraire quitte lentement Nguendouf, direction la morgue de l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, où les médecins légistes doivent établir les causes exactes du décès. Le procureur attend les résultats pour statuer sur la suite des investigations.
Mais sur le terrain, les fidèles, eux, ont déjà tranché : leur marabout ne s’est pas ôté la vie. Et ils entendent bien que justice soit faite.