Nouvelle secousse judiciaire dans l’affaire dite des « 12 présumés homosexuels ». À peine 48 heures après leur placement sous mandat de dépôt, le dossier connaît un rebondissement de taille : le crime de trafic de drogue s’invite officiellement dans la procédure. Une évolution majeure révélée par L’Observateur, qui change profondément la nature et la portée de l’instruction en cours au tribunal de Pikine-Guédiawaye.
Un réquisitoire élargi, une instruction sans délai
Selon L’Observateur, le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a été catégorique dans son réquisitoire introductif adressé au juge d’instruction du premier cabinet. Initialement saisi pour des faits d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH et de blanchiment de capitaux, le magistrat instructeur devra désormais également explorer le crime de trafic de drogue, visé contre X.
Un choix stratégique. En matière criminelle, aucun délai n’est prescrit pour l’instruction. Autrement dit, le dossier peut s’étendre dans le temps, avec des investigations approfondies et de nouvelles mises en cause potentielles.
Drogue et relations sexuelles : des éléments accablants
D’après des sources de L’Observateur, les investigations menées par la Brigade de recherches de la gendarmerie territoriale de Keur-Massar ont révélé que plusieurs des mis en cause consommaient différentes variétés de drogue — y compris des drogues dures — lors de relations sexuelles, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels.
Le fournisseur présumé de stupéfiants serait désormais dans le collimateur des enquêteurs. Quant aux douze personnes déjà écrouées, elles pourraient également être poursuivies pour usage de drogue, en plus des infractions initialement retenues.
Perquisitions spectaculaires et extractions de Rebeuss
Toujours selon L’Observateur, le Doyen des juges n’a pas tardé à délivrer une délégation judiciaire à la Brigade de recherches de Keur-Massar pour exécuter les réquisitions du parquet. Dans ce cadre, l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste-chanteur Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng ont été extraits mercredi de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles respectifs.
Au cours de ces opérations, divers objets ont été saisis par les enquêteurs. Après les fouilles, les trois hommes ont été reconduits en détention. Les actes d’instruction se poursuivent, et d’autres arrestations ne sont pas exclues.
À l’origine, une alerte sanitaire
Les faits remontent à l’exploitation d’un renseignement signalant les agissements présumés d’un jeune homme porteur du VIH qui aurait continué à entretenir des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires.
Interpellé le 4 février 2026 par la Brigade de recherches de Keur-Massar, il a été soumis à un test de dépistage sur réquisition judiciaire. Le certificat médical a confirmé sa séropositivité. Entendu, il aurait reconnu être conscient de son statut sérologique et avoir entretenu des relations sexuelles non protégées, notamment avec des partenaires rencontrés via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.
Dans la foulée, deux partenaires ont été arrêtés, déclarant eux aussi connaître leur statut sérologique tout en admettant avoir poursuivi des rapports non protégés. L’enquête s’est accélérée : cinq nouvelles interpellations le 5 février, puis quatre autres le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue.
Parmi elles figurent Pape Cheikh Diallo, Doudou Lamine Dieng et Djiby Dramé. À l’issue des tests de dépistage, huit personnes ont été déclarées séropositives et quatre séronégatives, toujours selon les informations rapportées par L’Observateur.
Une affaire tentaculaire
Avec l’introduction du trafic de drogue dans le dossier, l’affaire prend une dimension criminelle plus lourde et plus complexe. Entre santé publique, mœurs, stupéfiants et éventuel blanchiment, l’instruction s’annonce longue et sensible.